La fondation qui voulait offrir l’œuvre de l’artiste américain au chef-lieu taignon a décidé de jeter l’éponge suite à la récente opposition des ayants droit du pâturage concerné par le projet.
Saignelégier n’accueillera pas la sculpture de Jedd Novatt. La commune taignonne annonce ce jeudi dans un communiqué que la fondation qui projetait d’offrir l’œuvre de l’artiste américain a renoncé à la réalisation de sa démarche. Elle abandonne face au refus exprimé lundi par les ayants droit du pâturage où la statue devait être implantée. Les autorités de Saignelégier « déplorent profondément ce dénouement ». Selon elles, la récente décision des agriculteurs est « incompréhensible » car la parcelle prévue près du Centre de Loisirs « ne leur appartient pas et elle est située en zone de loisirs », écrit la commune qui ajoute que l’emplacement imaginé et trouvé en séance de conciliation « respectait le cadre légal, les sensibilités exprimées et les valeurs du lieu. »
Un dénouement qui inquiète la commune
Les autorités se questionnent et même s’inquiètent « de constater qu’il n’est pas possible aujourd’hui de réunir les mentalités et le désir collectif de mener à bien un tel projet ». Le regret est d’autant plus grand car d’autres communes suisses comme Crans-Montana, Rolle ou Vals ont trouvé un terrain d’accueil pour une œuvre de Jedd Novatt.
La commune évoque « une occasion manquée pour l’ensemble du Jura » de concrétiser un projet qui « aurait permis de renforcer la visibilité culturelle et artistique de la région, de valoriser un espace public emblématique et de tisser un lien fort entre nature, patrimoine et création contemporaine. »
L’amertume d’assister à la mort du projet
« Jedd Novatt a été ébranlé par la dernière assemblée des ayants droit. C’est devenu émotionnellement difficile pour lui », témoigne Gauthier Corbat qui a pu s’entretenir avec l’artiste américain. De son côté, le porteur du projet « est passé de grande fierté à préparer ce dossier pour faire venir une telle œuvre à un sentiment de honte », souffle-t-il. Gauthier Corbat rumine aussi « une prise d’otage par des règlements ancestraux et archaïques » et déplore « le peu de conscience de l’importance et de la portée de cet objet qui serait devenu incontournable dans le Jura. » Quant à la sculpture, qui avait été imaginée pour Saignelégier, elle devra trouver un autre point de chute. A New York ou en France, selon le porteur du projet. /comm-nmy









