L’heure est grave pour les PME industrielles suisses. Entre tensions géopolitiques, droits de douane américains et ralentissement du marché chinois, l’industrie locale vacille. Pour réagir, la Chambre d’économie publique du Grand Chasseral a réuni plus de 170 chefs d’entreprises à Tramelan lors des premières Assises de l’Industrie.
On pouvait lire la préoccupation sur les visages. Les carnets de commandes se vident, les coûts augmentent et l’avenir s’assombrit. « Je pense qu’on a un problème de représentativité de notre tissu industriel exportateur, que ce soit les horlogers, les fabricants de machines-outils ou les sous-traitants », a déclaré Nicolas Curty, président de la Chambre d’économie publique du Grand Chasseral. « Ces secteurs représentent 25 % des exportations suisses, 100 milliards de francs et environ 500 000 emplois. Nous avons la responsabilité de nous faire entendre, et il faudra renforcer notre représentativité politique à l’avenir. »
Face à la baisse des commandes, les premières mesures évoquées restent conjoncturelles. Le chef de la direction du travail au SECO, Jérôme Cosandey, a rappelé que « l’instrument du chômage partiel, les RHT, c’est une bouffée d’air pour les entreprises : il permet de se repositionner, de développer de nouveaux produits ou marchés ». Mais il prévient : « Ce n’est pas une solution à long terme. À long terme, il faut vraiment voir l’aspect structurel, et nous travaillons à de nouveaux accords de libre-échange, notamment avec l’Inde et le Mercosur, pour permettre ce changement. »
Dans la salle, le CEO de Precitrame Machines, Olivier Voumard, a salué l’esprit collectif de la rencontre. La CEP mise désormais sur une campagne nationale baptisée « We have what they want » – « Nous avons ce qu’ils veulent » – pour sensibiliser le monde politique à la valeur stratégique de l’industrie suisse.
Et les dieux de l’économie semblent les avoir entendus : selon Bloomberg, la Suisse serait proche d’un accord commercial amélioré avec les États-Unis, abaissant les droits de douane à 15%. Un répit bienvenu après la taxe de 39% imposée en août. /jse









