Partage d’expériences entre la Suisse et le Burkina Faso

Le directeur de l’ABAPE, une institution pionnière à Ouagadougou dans la prise en charge d’enfants ...
Partage d’expériences entre la Suisse et le Burkina Faso

Le directeur de l’ABAPE, une institution pionnière à Ouagadougou dans la prise en charge d’enfants en situation de handicap mental, est en immersion six semaines dans la région pour observer et échanger.

Boukari Pamtaba passe six semaines dans le Jura pour partager ses expériences et pratiques avec les professionnels. Boukari Pamtaba passe six semaines dans le Jura pour partager ses expériences et pratiques avec les professionnels.

En immersion dans le Jura pour partager des pratiques et des expériences en lien avec la prise en charge d’enfants en situation de handicap. C’est ce que vit Boukari Pamtaba depuis le 26 octobre jusqu’au 6 décembre. Le directeur de l’ABAPE à Ouagadougou, une institution pionnière de la capitale burkinabée qui prend en charge des enfants et adolescents en situation de handicap mental, a posé ses valises dans la région pour six semaines. Cela fait partie d’un programme d’échange de personnes mis en place par l’association E-CHANGER, anciennement « Frères sans frontière ». Cette dernière est active au Burkina Faso justement, en Bolivie et au Brésil et a pour but de renforcer la société civile et la solidarité internationale, détaille la présidente de la section interjurassienne Isabelle Plomb. Psychologue de formation, Boukari Pamtaba a été accueilli dans deux institutions, à savoir la Fondation Pérène, basée à Delémont et Porrentruy, ainsi qu’Alter École, à Tavannes. « On est là pour le partage d’expériences », explique le directeur de l’ABAPE.

Boukari Pamtaba : « Il n’y a pas de frontière pour l’enfant handicapé. »

Contrairement à ce qu’il a pu observer à la Fondation Pérène, Boukari Pamtaba relève que l’offre éducative ne peut être complètement adaptée aux besoins des enfants au Burkina Faso, notamment en raison des établissements disponibles. « Le côté institutionnel est un défi pour nous » selon le directeur de l’ABAPE qui explique que les locaux, détenus et construits par des privés, ne correspondent pas aux standards pour une prise en charge optimale. Les moyens financiers manquent donc mais « quand on a un déficit quelque part au niveau d’une pratique, il faut avoir les moyens pour palier à ce déficit-là. Chez nous, nous travaillons en étroite collaboration avec les familles ». Boukari Pamtaba tient ensuite à relever qu’il existe des similitudes dans les méthodes utilisées en Suisse et au Burkina Faso dans la prise en charge des enfants autistes et en déficience mentale. Cela permet au directeur d’affirmer que son institution burkinabée n'est pas en total déphasage dans ses pratiques.

« Chez nous, on n’a pas réellement les moyens pour mettre en place toutes ces institutions. »

E-CHANGER soutient l’ABAPE depuis 2018 non pas financièrement mais en encourageant l’échange de personnes professionnelles. De son côté, la Fédération Interjurassienne de Coopération et de Développement (FICD) participe, elle, au financement des nouveaux locaux de l’institution à Ouagadougou. 

Une table ronde organisée par la section interjurassienne de l’association E-CHANGER aura lieu le mercredi 26 novembre à 19h au Campus StrateJ à Delémont. Elle aura pour thème « Inclusion des enfants en situation de handicap au Burkina Faso : défis et pratiques du centre ABAPE ». /ech


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