Le départ de trois membres du Gouvernement jurassien à fin décembre aura un coût pour le Canton. Même si on est loin des parachutes dorés, la loi offre aux anciens élus de quoi se retourner.
Au terme de son mandat, le ministre a droit à une indemnité correspondant à 55’000 francs nets par année de mandat. Ce montant suit l'indexation des salaires des employés de l'État. Voilà ce que dit l’article 4 de la Loi concernant la prévoyance des membres du Gouvernement. Le montant prévu doit servir à faire la transition entre la sortie de la vie politique et le retour dans le monde professionnel privé. Nathalie Barthoulot, Martial Courtet et David Eray ont passé dix ans à l’exécutif ce qui représente quelque 555'000 francs d’indemnités pour chacun et pour l’État, un total de plus de 1,66 million de francs à verser. Les ministres sortants peuvent choisir de toucher leur argent en une fois. Ils peuvent aussi bénéficier d’un versement annuel sur cinq ans ou jusqu’à l’âge de la retraite AVS.
Les membres du Gouvernement actuel sont moins bien lotis que leurs prédécesseurs. Avant la révision de la loi en 2017, les ex-ministres bénéficiaient d’une rente à vie qui dépendait de la longueur du mandat effectué. Les prestations, qui sont par ailleurs toujours versées, peuvent dépasser les 120'000 francs annuels. Le système de prévoyance mis en place à la création du canton du Jura prévoyait alors de prélever les rentes sur un fonds spécial alimenté par les cotisations des ministres en place. Avec l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre d’anciens membres du Gouvernement, les coûts avaient pris l’ascenseur, ce qui avait poussé le Parlement à modifier la loi, 38 ans plus tard, tout en provisionnant un montant de 41 millions à cet effet. /rce









