Les milieux paysans français se mobilisent contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins en cas de dermatose nodulaire contagieuse. Cette maladie suscite aussi des craintes chez les agriculteurs jurassiens.
La Confédération paysanne a lancé jeudi « un appel à la mobilisation sur tout le territoire » contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins en cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Elle dénonce une « politique autoritaire et inefficace ». Le troisième syndicat agricole appelle, dans un communiqué, ses sections locales à des rassemblements partout en France « en solidarité avec les éleveur.euses concerné.es » mais aussi « pour lutter contre la politique sanitaire de l'Etat ».
« L’Etat fait un nouveau pas en avant dans sa politique autoritaire, injuste et inefficace en décidant d'abattre aveuglément des troupeaux vaccinés et immunisés », dénonce le syndicat, qui proteste contre « le massacre en cours ». Pour arrêter la maladie, transmise via des insectes piqueurs mais qui n'atteint pas l'homme, les autorités ont imposé d'abattre toutes les bêtes d'un troupeau vivant ensemble dès qu'un cas était détecté.
Sur environ 2700 animaux euthanasiés en France depuis cinq mois, plus de 1700 l'ont été dans une zone se partageant entre la Haute-Savoie, la Savoie et l'Ain, premier foyer de l'épizootie qui frappe désormais dans les Pyrénées et le Doubs.
Dans le Doubs
La tension est montée d'un cran ces derniers jours, notamment après l'euthanasie très contestée mardi de 83 vaches vaccinées contre la DNC dans une ferme du Doubs. Les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger des manifestants venus en soutien de l'éleveur et permettre l'abattage du troupeau après qu'une vache a été testée positive à la maladie.
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard, originaire du Doubs, a indiqué dans un message sur X comprendre « l'angoisse et la colère des éleveurs » tout en défendant sa politique sanitaire, qui « a fait ses preuves permettant de lever » les restrictions dans les premières zones touchées (Savoie, Haute-Savoie et Rhône).
À la date du 4 décembre, 108 foyers ont été détectés en France, répartis dans sept départements : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (20) et Doubs (1), selon le dernier bilan du ministère de l'Agriculture.
Des craintes chez les agriculteurs jurassiens
En Suisse, aucun cas n’a été détecté mais des vaccinations ont eu lieu dans des zones à risques dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais. Le retour de plus de 200 bovins jurassiens en alpage a également été bloqué à la frontière française jusqu’au 1er novembre dernier. Les agriculteurs appréhendent logiquement une arrivée de la DNC. Aucune mesure n'est nécessaire actuellement dans le canton du Jura. Pour François Monin, directeur d’AgriJura, il faut avant tout « rassurer en communiquant les bonnes pratiques ». Il faut notamment éviter les déplacements du bétail, une cause principale de la propagation de la maladie. Une potentielle vaccination des bovins jurassiens pourrait avoir des conséquences négatives sur l’économie régionale. Elle pourrait, par exemple, empêcher l’exportation de gruyère et de Tête de Moine. Les agriculteurs espèrent finalement que le développement de la maladie diminuera durant l’hiver. /ats-fwo









