L’État jurassien lance « Jardins vivants à l’école », projet qui invite les écoles et communes à créer des espaces de biodiversité entretenus par les élèves. Un bel exemple a été donné à Glovelier.
La biodiversité, on en parle déjà dans les livres, mais on l’apprendrait encore mieux les mains dans la terre. C’est la vision portée par l’État jurassien qui lance un nouveau projet « Jardins vivants à l'école », directement inspiré de ce qui s'est fait ces dernières années à l'école primaire de Glovelier. La commune y a développé autour de l’école avec les élèves une mare, des arbres à hautes tiges, des murets ou encore une belle cabane à insectes. Afin de « semer les graines du changement », selon les mots du ministre de l’Environnement David Eray. Ce type de projet, prairies fleuries, haies vives, bosquets et autres jardins potagers, pourra désormais s'étendre à d'autres écoles : communes et établissements scolaires peuvent postuler jusqu'à fin février afin de bénéficier d’une subvention pour aménager ce type d’écrin de biodiversité.
David Eray : « Une graine que nous plantons autour de chaque école et même dans les esprits des élèves. »
« Il ne s’agit pas seulement d’aménager des espaces autour des bâtiments, mais ce sont des laboratoires vivants où les élèves vont concevoir, planter, entretenir. C’est une cour d’école vivante pour sensibiliser les adultes de demain que sont les enfants d’aujourd’hui, pas qu’avec les livres, mais avec les yeux et les mains dans la terre », explique David Eray.
La BCJ financera 50% des projets
L'État soutiendra ainsi quatre écoles par an sur la période 2026-2028 avec un montant plafond de 30'000 francs par projet grâce au soutien de la Banque cantonale du Jura qui apportera 180'000 francs, soit de quoi financer 50% des projets des trois prochaines années. L’État amènera 20%, les 30% restant incomberont aux communes candidates qui peuvent aussi financer ces projets en faisant appel à d’autres institutions ou fondations. « Glovelier avait un projet à 120'000 francs et n’a pas eu à débourser un centime », rappelle d’ailleurs Laurent Gogniat, responsable du Domaine nature à l’Office de l’environnement, qui croit en l’effet boule de neige d’une telle initiative.
Laurent Gogniat : « J'ai vu des alentours de maisons changer à Glovelier. »
« Étant de Glovelier, je peux vous dire que j’ai vu des alentours se transformer après ces actions dans les écoles parce que les enfants rapportent un message à la maison ». Le message semble aussi valoir pour les communes puisque Laurent Gogniat fait remarquer « qu’autour des écoles jurassiennes, c’est très bétonné et, avec ce projet Jardins vivants, on veut changer de paradigme ».
« Le constat, c'est que les cours d'écoles sont en béton ou gazon anglais. On veut changer de paradigme. »
Associé au projet, le Service de l’enseignement encadrera le volet pédagogique avec l’association « J’aime ma planète » qui accompagnera les classes. L’Office de l’environnement affirme que les retours sont positifs après avoir présenté le projet aux communes et cercles scolaires. « Quand un projet est déjà financé à 70%, c’est un coup de pouce non négligeable », glisse Laurent Gogniat qui attend désormais les candidatures. Si elles sont nombreuses, « il faudra faire des choix » et le projet pourrait alors se prolonger au-delà de 2028. /jpi













