Les compagnies jurassiennes de taxis font face à une nouvelle concurrence depuis ce mercredi. Le géant américain de la mobilité annonce l’arrivée de son application dans le canton. « C’est la mort de notre métier », crient les chauffeurs de la région.
Les taxis jurassiens font face à une nouvelle concurrence. Uber débarque dans la région. Le géant américain de la mobilité l’a annoncé mercredi. Il est ainsi possible de réserver une course via l’application de la multinationale. Avec ce déploiement, Uber propose désormais ses services dans l’ensemble de la Suisse. La firme compte s’installer dans le Jura comme un intermédiaire entre un client et les chauffeurs de taxi professionnels. Elle déploie sa plateforme et permet ensuite aux prestataires locaux d’effectuer les courses. Le directeur d'Uber Suisse n’articule aucun chiffre. « Ce sera graduel. Des discussions sont en cours », déclare Jean-Pascal Aribot, pour qui ce modèle permettra aux acteurs jurassiens des taxis de bénéficier de revenus complémentaires. Le communiqué d’Uber parle même d’une « opportunité économique majeure ».
Jean-Pascal Aribot : « On pense amener un bénéfice aux acteurs locaux des taxis. »
Les taxis de la région voient rouge
Cette annonce est loin de réjouir les compagnies régionales de taxis. Elles évoquent « un coup de couteau dans le dos », « la mort du métier », « une catastrophe » ou encore « de la concurrence déloyale ». Les chauffeurs professionnels que RFJ a contactés brandissent les prix – trois à quatre fois plus bas que ceux pratiqués aujourd’hui –, une taxe prélevée par la multinationale sur chaque trajet – de l’ordre de 25% –, un potentiel quasi nul ou encore une surabondance de compagnies dans le Jura. Pour eux, c’est bien simple, « Uber prend le travail des taxis et exerce une concurrence déloyale ».
Jean-Pascal Aribot refuse de dévoiler une quelconque tarification des courses. Il se montre rassurant quant à l’activité future. « Dans les autres cantons de Suisse, les acteurs locaux ont vu, dans un deuxième temps, plutôt un effet bénéfique à l’arrivée de tels services digitaux. On pense amener ce bénéfice auprès des acteurs locaux des taxis, à l’image d’une clientèle plus jeune qui n’utilisait pas les taxis ou même plus âgée qui voit la praticité », argumente le directeur suisse du géant américain. Des arguments qui ne font pas mouche auprès des professionnels de la branche. « Quand on voit ce qu’il se passe ailleurs en Suisse, Uber prend le travail des compagnies de taxis », clament nos interlocuteurs. /msc









