La station de ski a inauguré ce jeudi un nouveau système d’enneigement artificiel pour sécuriser l’ouverture de la piste du Petit-Marmet. Une technologie récente, pensée pour des hivers de plus en plus irréguliers.
Face à des hivers toujours plus imprévisibles et toujours plus doux, la station des Bugnenets-Savagnières franchit un cap. Une machine d’enneigement de nouvelle génération a été installée en haut du téléski du Petit-Marmet, destinée en priorité aux débutants et aux écoles de ski. Sa particularité : elle permet de produire de la neige même lorsque les températures sont positives, une condition essentielle dans la région. « C’est le résultat d’une réflexion menée sur plusieurs années pour savoir s’il était opportun de pouvoir garantir un minimum de neige sur le domaine skiable », explique Serge Rohrer, membre du Conseil d’administration des Bugnenets-Savagnières SA.
La problématique n’est pas nouvelle, dès la fin des années 1980, la station était déjà confrontée à des saisons difficiles. Mais jusqu’ici, les solutions classiques – canons ou ventilateurs – se révélaient inadaptées aux conditions locales, notamment en raison de l’humidité et du manque de froid durable.
Serge Rohrer : « Notre mission est de procurer du plaisir à des milliers de skieurs »
La machine installée fonctionne selon un principe différent : l’eau est refroidie sur les parois de cylindres, transformée en paillettes de glace puis soufflée à l’extérieur pour former des tas de neige, stockés jusqu’au moment opportun. « La grande différence, c’est que ce système est conçu pour produire de la neige à des températures positives, ce que les installations traditionnelles ne permettent pas », souligne Serge Rohrer.
L’eau utilisée provient en priorité de la pluie, stockée dans différentes citernes, notamment à proximité de la machine et d’une ferme voisine. L’eau du réseau complète l’approvisionnement lorsque cela s’avère nécessaire. La station insiste sur le fait qu’elle n’est pas altérée. L’eau est utilisée puis restituée au cycle naturel.
Equilibre entre plaisir du ski et protection de la nature
Si le projet devait susciter des critiques, notamment sur le plan environnemental, les responsables revendiquent une approche mesurée. « Il faut trouver une balance entre la protection de l’environnement et le maintien d’une activité de loisirs importante pour la région », estime Serge Rohrer. L’installation, limitée à environ 5'000 mètres carrés, a été développée en concertation avec les autorités et les organisations de protection de la nature, selon la station.
Reste une autre préoccupation, celle du bruit généré par la machine, qui a entraîné des plaintes de riverains. Des mesures acoustiques ont été réalisées et des dispositifs, comme des protections en bottes de paille, ont été mis en place pour atténuer les nuisances.
Le coût total de l’installation de ce nouvel équipement se monte à 800'000 francs. Grâce à ce dernier, la station espère garantir l’ouverture du téléski du Petit-Marmet durant l’hiver, notamment pendant les fêtes de fin d’année, au bénéfice des enfants et des écoles de ski de la région. /ddc










