Bellisa Aina, Bellisa Seuret de son vrai nom, a écrit « Sauvée par ses ailes ». Cette biographie romancée retrace le parcours de cette Malgache d’origine exploitée pendant 18 mois dans le canton de Berne.
« Sauvée par ses ailes », c’est le nom du premier livre de Bellisa Aina, Bellisa Seuret de son vrai nom. Cette biographie romancée est parue aux éditions Le Lys Bleu en mai dernier. Elle retrace l’histoire de cette femme, arrivée en Suisse en 2003 lorsqu’elle avait 23 ans, qui considère avoir été victime d’esclavage moderne. En provenance de Madagascar, elle a été exploitée comme employée de maison pendant 18 mois par une famille malgache qui l’avait faite venir et accueillie dans le canton de Berne. Titulaire d’un Bachelor en géographie et en histoire dans son pays d’origine, Bellisa Seuret ambitionnait de poursuivre ses études universitaires en Suisse. Pendant 18 mois, il en a été tout autre pour la jeune femme qui se souvient de cette période douloureuse et difficile : « Il n’y avait pas question de salaire ! Je travaillais sept jours sur sept, 24 heures sur 24, sans sortie, sans distraction. ».
Bellisa Seuret explique son parcours :
Pourquoi n’a-t-elle rien fait pendant ces 18 mois et comment a-t-elle réussi à supporter cette situation ? Bellisa Seuret explique qu’en étant seule, étrangère, et ne connaissant pas bien le pays, il était difficile d’agir. Elle avoue également qu’elle était en mode « pilote automatique, comme s’il y avait un plexiglass tout autour de moi ». Avec l’aide d’un groupe d’étudiants et, en particulier, d’une dame du service social de l’Université, la jeune femme a pu s’enfuir de chez sa famille d’accueil, malgré des menaces proférées à son encontre.
Messages de « Sauvée par ses ailes »
Parmi les raisons qui l’ont poussée à écrire ce roman, Bellisa Seuret évoque notamment sa volonté « de crier sur les toits », soit de faire connaître sa situation et, plus globalement, de montrer que l’esclavage moderne persiste encore de nos jours. L’autrice souhaite, au final, délivrer un message positif à la fin de son livre. Elle mentionne trois mots : pardon, paix et joie de vivre. Elle affirme n’éprouver aucune rancœur à l’encontre de la famille qui l’a exploitée et n’a jamais songé porter plainte contre celle-ci. Respecter les liens humains, même si parfois subtils et destructeurs, et une certaine sagesse ancestrale tient à cœur à Bellisa Seuret.
Bellisa Seuret : « Être en paix avec cette histoire et faire la paix avec chaque situation. »
À 45 ans, Bellisa Seuret, qui aime toujours autant écrire, est aujourd’hui libre, mariée à un Jurassien et maman de deux enfants. Son livre « Sauvée par ses ailes » a été tiré, pour commencer, à 300 exemplaires. Il est disponible en format papier ou numérique. /ech









