Les jeunes skieurs de l’Arc jurassien refroidis par le réchauffement climatique

L’envie de partir skier est en recul chez les cadets de la région, la faute à l'augmentation ...
Les jeunes skieurs de l’Arc jurassien refroidis par le réchauffement climatique

L’envie de partir skier est en recul chez les cadets de la région, la faute à l'augmentation des températures. C’est la conclusion du travail de master d’Alan Steiner, étudiant à l’Université de Neuchâtel. Au  cœur de son étude : le rôle primordial des stations de ski régionales dans l'apprentissage de la discipline. 

Les stations de ski régionales, menacées par le changement climatique, jouent un rôle essentiel dans l'apprentissage du ski alpin. (photo d'archive) Les stations de ski régionales, menacées par le changement climatique, jouent un rôle essentiel dans l'apprentissage du ski alpin. (photo d'archive)

La cote de popularité du ski alpin est en baisse chez les jeunes de l’Arc jurassien. L’un des principaux coupables : le changement climatique. C’est en tout cas la conclusion du travail de master d’Alan Steiner, étudiant en géographie et en sport à l’Université de Neuchâtel.

À l’intersection de ces deux disciplines, le sujet s’est imposé à lui à la suite de l’encadrement de plusieurs camps de ski. « Au fil des années, j’ai eu l’impression que les jeunes de la région avaient tendance à skier de moins en moins », constate le Tramelot.

La hausse des températures et la diminution de l’enneigement qui en découle affectent les stations de ski : ce n’est pas nouveau. Ce que met en évidence le travail d’Alan Steiner, ce sont les conséquences indirectes du changement climatique sur la pratique du ski chez les jeunes de la région. « Le coût d’une journée de ski devient plus important en raison de la diminution du nombre de jours skiables, et la culture du ski se perd », relève l’étudiant bernois.

Alan Steiner : « La culture du ski et les infrastructures régionales ont tendance à disparaître. »

L’apprentissage du ski alpin n’est pas chose aisée. Pour beaucoup, le baptême du feu se fait dans les petites stations régionales. « Le fait que ces domaines de proximité diminuent leurs jours d’ouverture à cause du manque de neige risque de créer un nombre de plus en plus important de non-skieurs », souligne Alan Steiner. Une réaction en chaîne qui pourrait même atteindre les grandes stations de ski et l’économie qui y est liée. Alors, ne peut-on pas apprécier ce sport sans le maîtriser dans son intégralité ? Pour le Tramelot, cette maîtrise a un impact direct sur la motivation à chausser les lattes. « Si je n’avais pas passé mes après-midi au téléski du village, je n’irais pas autant skier qu’aujourd’hui », explique-t-il. Si les pentes sont dévalées par toutes les tranches d’âge, c’est la jeune génération qui pâtit le plus du manque de possibilités d’apprendre à skier près de chez soi. « C’est plus compliqué pour les parents de se déplacer en Valais pour une descente et demie qu’aux Breuleux ou à Tramelan », glisse l’étudiant.

 « C'est vraiment les jeunes qui sont les plus touchés. »

« Quand on n'a pas l’occasion de se familiariser avec une activité étant petit, c’est compliqué. »

Le sujet étant encore peu exploré par la littérature scientifique, c’est à l’aide d’un questionnaire adressé aux moniteurs et aux enseignants de la région qu’Alan Steiner a récolté les données de son étude. Un point de vue de « professionnels » que le Bernois souhaite désormais nuancer. « J’ai décidé de prolonger cette étude en mettant au centre l’opinion de la nouvelle génération sur le sujet », relève l’étudiant de l’Université de Neuchâtel.

Un questionnaire destiné aux jeunes de Tramelan a ainsi été élaboré. La thématique continue donc d'être creusée./Ave


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