Un métier dans l’ombre des senteurs les plus connues. Le parfumeur Vincent Schaller travaille chez le renommé créateur d'arômes et de fragrances Firmenich depuis 30 ans. Originaire de Vicques, il est allé au bout de son rêve après avoir lu « Le parfum » de Patrick Süskind à l’adolescence. Il exerce à New-York depuis cinq ans après être passé par Paris, São Paulo et Londres. Sans prédispositions, Vincent Schaller a dû entrainer son nez pour faire partie des seulement 500 à 600 parfumeurs au monde. « Ce n’est pas du tout un don, c’est quelque chose qui s’apprend à force de longues sessions olfactives. Je pense qu’il y a des nez moyens et des mauvais nez, mais personne ne naît avec le nez de Jean-Baptiste Grenouille. A force d’un énorme travail, tu affines ton nez, tu le rends pointu. En parfumerie, il n’y a pas de génie, mais comme en musique on est obligé de faire nos gammes en permanence », explique Vincent Schaller, qui est titulaire d’un doctorat en chimie de l’EPFL et qui a ensuite effectué un apprentissage de 4 ans au sein de l’entreprise suisse Firmenich.
Vincent Schaller : « Devenir parfumeur était un rêve, une passion. »
Au fil de ses inspirations, ce cinquantenaire conjugue les 3'000 à 4’000 ingrédients de sa palette pour développer des nouvelles fragrances pour la parfumerie fine, après avoir aussi œuvré dans les produits pour le corps et la maison. « On compose avec des ingrédients naturels comme la rose, la vanille, le jasmin, la fleur d’oranger ou le poivre, ou avec des matières synthétiques telles que l’Iralia qui sent la violette ou les muscs. Il y a aussi des bases qui sont des reconstitutions d’odeurs qui existent dans la nature, mais qui n’existent pas comme ingrédient, par exemple le lilas et le muguet dont on ne peut pas obtenir d’essence et pour lesquels il y a des techniques et des parfumeurs pour les reproduire. Il y a aussi le programme Smell-the-Taste qui consiste à traduire des arômes en parfum, par exemple la crème chantilly », précise Vincent Schaller.
« Il faut toujours penser à faire un parfum qui n’existe pas encore. »
Vincent Schaller a, notamment, contribué à l’élaboration de fragrances pour des célébrités et des grandes marques. « J’aime particulièrement les notes masculines, épicées et boisées que je tire de mes origines jurassiennes. Une autre de mes passions, c’est la cuisine et j’aime mettre un côté gourmand dans mes parfums. J’ai des madeleines de Proust, comme la confiture à l’abricot qui me rappelle celle de ma maman. Il faut toujours penser à vouloir faire un parfum qui n’existe pas encore, ce qui est très difficile. Il faut essayer des nouvelles choses et un jour un nouvel accord émerge », confie Vincent Schaller, qui trouve ses inspirations dans ses voyages et l’univers gastronomique, en particulier.
Le parfumeur explique également que le métier évolue. Au niveau de la législation, il faut de plus en plus tenir compte de contraintes de sécurité dermatologiques. Il y a aussi une évolution permanente des goûts des consommateurs. Les parfums commerciaux les plus connus et répandus laissent désormais la place à une parfumerie davantage personnalisée et qualitative. /emu









