Entre Bressaucourt et Courtedoux, deux passages à faune ont été créés lors de la construction de l’A16. Dix ans plus tard, le bureau Biotec a rendu un rapport d’évaluation sur la faune sauvage qui les emprunte, ainsi que sur les travaux menés dans la cluse de Choindez.
L’arrivée de l’A16 dans le Jura a pu limiter le déplacement de la faune sauvage. Pour éviter ces contraintes, des mesures ont été prises notamment entre Bressaucourt et Courtedoux avec la construction de deux passages à faune, l’un supérieur, l’autre inférieur. Dans le corridor faunistique de Choindez, l’autoroute passe sur un viaduc, la route cantonale a aussi été déplacée et un ruisseau a été remis à ciel ouvert. Dernièrement, le bureau Biotec, qui est chargé d’assurer le suivi de ces mesures après environ dix ans, a remis son rapport. Il se base sur l’analyse de clichés pris par des pièges photos.
Mesures concluantes en Ajoie
A trois reprises pendant ces dix ans, deux mois au printemps et deux mois en automne, des milliers de clichés pris par neuf pièges photo à infrarouge ont été analysés. On y découvre des dizaines d’animaux, presque tous les mammifères sauvages présents en Ajoie. Récemment un phénotype chat sauvage a été aperçu sur une photo. « La proportion de mammifères sauvages à augmenter au fil des années », relève Pauline Guillemin. La biologiste chez Biotec explique que les animaux ont probablement appris l’existence de ces passages et son utilisation.
Le tunnel d’Essapeux et le pont du Bô d’Estai se sont aussi progressivement recouverts de végétation, ce qui leur donne un aspect de plus en plus naturel. Et sur les clichés, certains animaux présentent des comportements paisibles, selon Pauline Guillemin. Elle indique que « ces passages à faune sont clairement utilisés pour des déplacements », mais aussi pour se nourrir, confirmant que le bruit et la luminosité des véhicules ne sont pas dérangeants pour ces animaux.
Pauline Guillemin : « On voit que ces passages sont très bien acceptés. »
Moins de réussite à Choindez
A Choindez, des pièges photographiques permettent le suivi de la faune sauvage depuis 2016. Pour ce corridor faunistique, les travaux menés n’ont pas produit les effets escomptés, précise Lucas Wolfer. L’ingénieur en gestion de la nature explique que « on n’a pas pu prouver que ces mesures ont eu une influence sur le déplacement de la faune sauvage dans ce secteur ». Il s’avère que les pièges photo ont pris davantage d’humain que d’animaux sauvages. « La majeure partie des déclenchements est liée à la fréquentation humaine. » Au niveau des mammifères, la fréquentation est plutôt en stagnation.
Lucas Wolfer : « On a plus de déclenchements liés à la fréquentation humaine, qu’aux passages de mammifères. »
L’humain qui dérange
Autant pour les passages ajoulots que pour le corridor faunistique de Choindez, la présence humaine est problématique. Les chasseurs, promeneurs, ou encore cavaliers laissent derrière eux des empreintes olfactives qui pourraient apeurer la faune sauvage. « Donc les recommandations qu’on a émises, ce serait de limiter le dérangement humain pour favoriser le passage de la faune », précise Lucas Wolfer. /ncp











