Le docteur en paléontologie Jérémy Tissier vient de publier une étude remettant en cause les origines des premiers chevaux qui seraient apparus plus tard qu’on ne le pensait. Cette étude aura une suite, sous l’égide de Jurassica.
Une étude d'un chercheur de Jurassica vient remettre en cause les origines des premiers chevaux. Le Dr Jérémy Tissier vient en effet de publier un article dans une revue scientifique américaine de renom (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America) démontrant que les premiers chevaux seraient apparus bien plus tard qu'on ne le pensait. « Ce que l’on croyait être les premiers chevaux sont en fait des représentants des premiers périssodactyles qui regroupent les chevaux, rhinocéros et tapir, mais ce ne sont pas encore vraiment des chevaux. Le tout premier « vrai cheval » serait apparu 6 millions d’années plus tard, il y a 50 millions d’années », résume Jérémy Tissier qui a réalisé cette étude dans le cadre d’un programme belge qui lui a donné accès à d’abondantes collections de fossiles et moulages d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie.
Jérémy Tissier : « Le premier vrai cheval serait apparu 6 millions d’années plus tard que ce que l'on pensait. »
« Les précédentes études n’avaient pas travaillé sur un matériel aussi vaste », éclaire le paléontologue d’origine française. Ses conclusions viennent remettre en cause la théorie du « Cheval de l'aube », admise depuis près de 150 ans, faisant remonter le plus ancien cheval à 56 millions d’années en Amérique du Nord. « On attend justement les retours des confrères scientifiques. J’imagine que des collègues américains seront un peu surpris, car ils sont très attachés à leur Hyracotherium qu’ils considèrent comme un petit cheval, et nous on pense que ce n’est plus un cheval », souffle Jérémy Tissier.
La suite : « comprendre comment ce groupe a réagi aux différents changements climatiques »
Il aura l’occasion de donner une suite à cette étude avec la doctorante Tifanie Duprat, cette fois sous l’égide de Jurassica et financée par le Fonds National Suisse. « Cette fois, on ne va pas seulement s’intéresser à l’origine des périssodactyles, mais à toute leur évolution sur 56 millions d’années. On va essayer de comprendre comment ce groupe a réagi aux différents changements climatiques, ce qui peut nous aider à mieux nous préparer aux changements actuels », esquisse le docteur en paléontologie. Un autre projet du Fonds National Suisse, également consacré aux premiers périssodactyles, a été obtenu par le Dr Damien Becker, directeur de Jurassica, et sera mené par la Dr Manon Hullot qui travaille aussi au sein de l’institution jurassienne. /jpi









