Pierre-Alain Berret : « Le moment choisi pour lancer cette initiative n’est pas le meilleur »

Le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura réagissait ce jeudi dans « La ...
Pierre-Alain Berret : « Le moment choisi pour lancer cette initiative n’est pas le meilleur »

Le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura réagissait ce jeudi dans « La Matinale » sur le lancement de l’initiative cantonale qui vise à renforcer le salaire minimum dans le canton.

Pierre-Alain Berret, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura était présent ce jeudi matin dans « La Matinale ». Pierre-Alain Berret, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura était présent ce jeudi matin dans « La Matinale ».

Les syndicats et la gauche repartent au front pour un salaire minimum renforcé, dans un contexte délicat pour les entreprises. Ils ont annoncé mercredi devant la presse le lancement officiel d’une initiative cantonale. Objectif, selon eux : garantir un salaire à tous permettant de vivre décemment sans recourir à l’aide sociale. Pour réagir du point de vue des entreprises, le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura Pierre-Alain Berret était l’invité de « La Matinale » ce jeudi. « Le moment choisi n’est pas le meilleur pour les entreprises qui se battent dans un contexte économique particulièrement difficile. Ce moment choisi nous interpelle aussi, car les Chambres fédérales sont sur le point d’adopter un projet de loi qui précise que les dispositions des conventions collectives ont la primauté par rapport aux salaires minimaux cantonaux. Si ça se trouve, à peine lancée, cette initiative sera contraire au droit fédéral », affirme-t-il.

Pierre-Alain Berret regrette avant tout des « signaux contradictoires du monde politique », surtout que, selon lui, la situation semble correcte dans la région. Il affirme que des contrôles sont réalisés régulièrement. « On voit que c’est très rare de tomber sur des entreprises qui pratiquent des salaires inférieurs au salaire minimum cantonal. Quand c’est le cas, ce sont souvent des cas isolés. Les entreprises sont alors invitées à s’adapter, ce qu’elles font systématiquement », assure-t-il.

En plus du timing, Pierre-Alain Berret est surpris par les chiffres avancés. La gauche et les syndicats souhaitent introduire un montant de 23 francs de l’heure en guise de salaire minimum, contre 21,40 francs actuellement, soit le montant de l’aide sociale. « Avec ce montant, il n’y aurait plus que Genève qui serait plus élevé à 24,48 francs. On aurait donc le deuxième salaire minimum le plus élevé du monde. Ça ne tient donc pas vraiment compte du contexte économique de la région. C’est un peu déconnecté, qui plus est dans la conjoncture actuelle », souligne Pierre-Alain Berret. Le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura tient à rappeler qu’il ne faut pas oublier de soutenir les entreprises, afin qu’elles puissent maintenir et développer l’emploi. /lge


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