Le Conseil des droits de l'homme se réunit ce vendredi en session spéciale à Genève pour débattre de la détérioration de la situation des droits humains en Iran. Des dizaines de pays, dont la Suisse, ont soutenu l'organisation de cette rencontre. Zahra Banisadr est la fille du premier président de la République d'Iran. Elle n’attend pas grand-chose de cette réunion.
L’Iran au cœur ce vendredi d’une réunion d’urgence du Conseil des droits de l'homme. L’ONU indique qu’il se réunit pour débattre de la détérioration de la situation des droits humains en Iran, après la répression des manifestations contre le pouvoir. Ces manifestations ont commencé le 28 décembre par des protestations contre le coût de la vie. Elles ont pris une ampleur majeure le 8 janvier avant une répression violente qui, selon des ONG et le régime, a fait des milliers de morts. Le pays est aussi privé d’internet. Zahra Banisadr est la fille du premier président de la République d'Iran. Elle vit à Neuchâtel, mais une partie de sa famille est toujours sur place. Elle n’a plus de nouvelles d’elle, comme elle l’a expliqué vendredi dans La Matinale. « Je n’ai aucunes nouvelles directes depuis début janvier ni de l’Iran ni de ma famille. » Elle suit la situation sur les réseaux sociaux et dans les médias. » Une situation qui l’angoisse.
Zahra Banisadr : « Je suis extrêmement bouleversée par cette répression massive qui a touché essentiellement les jeunes. »
La violence pour justifier la répression
Elle se dit aussi bouleversée par cette « répression massive qui a touché essentiellement les jeunes et qui se fait à huis clos ». Zahra Banisadr a insisté sur le fait que les manifestations étaient d’abord pacifiques avant d’être instrumentalisées. « Les manifestants demandaient de retrouver leur dignité, protestaient contre la vie chère. Et, à un moment donné, ça a basculé dans la violence. » Une violence, explique-t-elle, qui a été attisée par une certaine opposition iranienne « qui n’a pas hésité à parler de guerre, de conflit armé en Iran pour justifier une réaction massive et violente. » Un discours que Zahra Banisadr qualifie d’insupportable, intolérable, impardonnable et criminel.
Depuis le début des manifestations, le président des États-Unis Donald Trump menace d’intervenir militairement en Iran. Une menace qui inquiète Zahra Banisadr tout comme « le risque d’une balkanisation de l’Iran. » Elle se dit farouchement hostile à toute ingérence que ce soit en Iran ou ailleurs. « Chaque peuple a le droit d’avoir en main son destin. (…) C’est quand même extraordinaire qu’on puisse imaginer qu’un peuple aspire à être bombardé, à voir son pays dirigé par l’extérieur, sachant que Donald Trump n’aspire pas à voir la démocratie dans nos pays. Il a une volonté d’accaparement des ressources. »
Zahra Banisadr ne se fait pas non plus beaucoup d’illusions sur la rencontre de ce vendredi du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Elle souhaite en revanche que les sociétés civiles, « surtout dans les pays démocratiques, aient conscience de ce qui se passe, soutiennent ces aspirations à la liberté et refusent que leur gouvernement intervienne dans les affaires internes de l’Iran. » /sma









