Après le « Dry January » ou janvier sans alcool, le mois de février pourrait devenir propice à réduire notre consommation des réseaux sociaux et plus largement des écrans. Le « Off February » est lancé pour la première fois cette année dans plusieurs pays du monde par le Mouvement Off et propose de supprimer les applications de réseaux sociaux de son téléphone portable durant 28 jours. Une expérience de déconnexion qui permettra de gagner jusqu’à 54 heures de temps selon les moyennes d’utilisation pour celles et ceux qui participeraient, indique l’association sur son site internet : « Presque n’importe quelle alternative au temps passé sur les réseaux aura un impact bénéfique sur votre bien-être », écrit-elle.
Un argument que partage Mathieu Weissbrodt, intervenant à Addiction Jura qui estime que cette démarche « est forcément positive. Ça donne l’opportunité de s’observer sans les réseaux sociaux et voir ce que cela révèle et ce qu’on fait d’autre, quand il n’y a plus les réseaux sociaux. C’est de toute façon du temps de gagné. » Le spécialiste nuance toutefois, et rappelle qu’il ne s’agit pas de se couper complètement des réseaux, alors que les jeunes notamment les utilisent aussi pour communiquer. « Il reste la possibilité de consulter les réseaux via un ordinateur », rassure-t-il.
Mathieu Weissbrodt : « C’est de toute façon du temps de gagné. »
Pas aussi puissant qu’une addiction à l’alcool, mais avec des points communs
Le « Off February » se déroule le mois suivant du « Dry January », mais sur un principe similaire. Pourtant, l’addiction aux écrans n’est pas comparable à l’alcool, estime Mathieu Weissbrodt. « Au niveau scientifique non, ce n’est pas aussi puissant. On a plutôt tendance à ne pas considérer l’addiction aux écrans comme une addiction à des produits psychotropes. » Il existe cependant quelques points de comparaison entre les deux problèmes. « En termes de comportements, on trouve quelques similitudes, notamment des usages de l’ordre du réflexe, fragments et qui ne sont pas conscients », explique Mathieu Weissbrodt. Selon lui, cette expérience de déconnexion peut être l’occasion de questionner notre comportement. « Le « Off February » peut agir comme un révélateur de notre utilisation des réseaux, explique-t-il. On peut arriver à voir combien de fois on prend son téléphone, pour fuir quoi, pour combler quoi. Ce sont des choses qui sont assez intéressantes pour faire connaissance avec nous-même, plutôt que de prendre son téléphone dès qu’on a une frustration. »
Des applications pensées pour capter notre attention
Les plateformes de réseaux sociaux sont conçues pour capter l’attention des utilisateurs et prolonger le temps passé devant les écrans, explique Mathieu Weissbrodt. Elles sont conçues pour nous envoyer de la pub, des informations avec des algorithmes puissants, alors que les effets néfastes du « scrolling » sur le cerveau sont démontrés. « Prendre de la distance avec les réseaux sociaux permet aussi de rééquilibrer certaines choses », conclut Mathieu Weissbrodt. /tna









