Une table ronde organisée par Basel Area jeudi soir a rassemblé plusieurs représentants du tissu économique et industriel jurassien autour d’une question centrale : comment appréhender l’avenir en tant qu’entreprise ?
Quel avenir pour l’industrie jurassienne dans cette période de crise ? Une table ronde s’est tenue jeudi soir à Delémont sur le campus StrateJ pour évoquer la problématique. Elle était organisée par Basel Area dans le cadre de son rendez-vous annuel « Le tout connecté ». Le thème cette année : l’avenir de l’industrie dans l’Arc jurassien. Devant un parterre de représentants du tissu industriel et économique de la région, plusieurs invités ont discuté de la problématique, évoqué des pistes pour aider les entreprises à surmonter les défis auxquels elles doivent faire face. Pour Olivier Haegeli, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura (CCIJ) et CEO de l’entreprise Willemin Macodel, une stratégie à long terme n’est plus viable pour une entreprise aujourd’hui : « On travaille dans un temps beaucoup plus court. On peut se donner un cap et travailler sur ses forces et ses produits. Mais il est impossible de savoir ce qu’il en sera dans 5 ou 10 ans. On doit conserver cette capacité à s’adapter. »
Olivier Haegeli : « On travaille dans un temps beaucoup plus court »
Le client appelle l’innovation
Pour tirer leur épingle du jeu, les entreprises doivent notamment se tourner davantage vers leurs clients. Cela a été dit à plusieurs reprises durant la conférence, pour « faire partie de ceux qui vont s’en sortir », a déclaré Samuel Davron, membre du comité de direction de Sonceboz, pour qui le client appelle l’innovation. « Le fioul qui nourrit l’entreprise c’est les nouveaux problèmes clients. Et pour lui proposer des solutions, il faut être présent chez lui pour comprendre ses applications, ses marchés. »
Aller chercher ses clients, c’était aussi l’un des arguments majeurs avancés par Xavier Comtesse, président de Manufacture Thinking. Qui a lancé pour la boutade aux auditeurs présents qu’ils feraient mieux d’être chez leurs clients qu’à cette table ronde. Mais, l’entrepreneur a souligné un atout qui fait défaut à de nombreuses entreprises du pays : « On ne sait pas parler en public, on a peur de ça. On n’est pas orienté vers ça, ce n’est pas naturel chez nous. Mais on doit apprendre. »
Samuel Davron : « Pour lui proposer des solutions, il faut être présent chez le client »
Xavier Comtesse : « Le marketing n’est pas naturel chez nous, mais il faut y aller. »
Le secteur de la défense, vecteur de croissance et de développement
La table ronde a également permis de mettre en lumière un secteur d’activité, celui de la défense. Bien que le sujet soit délicat, la région a les capacités pour intégrer ce secteur selon Olivier Haegeli : « De par son savoir-faire l’industrie jurassienne a tout à fait les possibilités de se diriger plus fortement vers le secteur de la défense. Je pense que c’est une possibilité. C’est un vecteur de croissance et de développement dans une période un peu troublée. » La soirée a été clôturée par plusieurs présentations de startups ainsi qu’un mot du ministre jurassien de l’Économie Stéphane Theurillat. /tna









