Accusé d’homicide par négligence, un chauffeur de poids lourd fait face à la justice à La Chaux-de-Fonds. En juin 2024, une touriste tchèque avait perdu la vie entre Dombresson et Valangin après qu’une pierre avait traversé son pare-brise.
La justice s’empare de l’accident qui avait coûté la vie à une touriste tchèque en juin 2024 à Val-de-Ruz. Roulant entre Dombresson et Valangin, la victime avait été heurtée à la tête par une pierre qui avait traversé son pare-brise avant de ressortir par la lunette arrière du véhicule.
Le Tribunal régional a tenu une audience mercredi matin à La Chaux-de-Fonds. Sur le banc des accusés, un chauffeur de poids lourd. Sur celui des plaignants, l’avocat des proches de la victime.
Dans l’acte d’accusation, le Ministère public conclut à un homicide par négligence. Le routier incriminé aurait omis de contrôler les roues et les pneus de son véhicule avant de prendre la route en quittant le terrain de recyclage de l’entreprise qui l’employait. La pierre, d’une dimension d’environ 8 cm sur 12, se serait retrouvée coincée entre les roues jumelées du véhicule. Elle se serait ensuite détachée en pleine course, aurait ricoché sur la chaussée avant de percuter la voiture de la touriste tchèque.
Interrogé par la juge, le chauffeur de poids lourd a assuré avoir procédé au contrôle d’usage avant de prendre possession du camion à Chézard-Saint-Martin pour se rendre à Savagnier afin de déplacer une benne et de revenir à son point de départ. Il n’a rien remarqué d’anormal ni entendu quoi que ce soit d’inhabituel le long du trajet.
Des contrôles jugés insuffisants
Pour la partie plaignante, le routier aurait dû contrôler son véhicule avant de quitter le terrain de Savagnier. Selon l’avocate stagiaire qui a plaidé, le prévenu n’a pas déployé les efforts qu’on pouvait attendre de lui. Elle demande à la justice de retenir l’homicide par négligence, de s’en remettre à l’appréciation du Ministère public concernant la peine, soit 60 jours-amendes avec sursis pendant deux ans et une amende additionnelle de 1'000 francs. Quant aux prétentions civiles, la partie plaignante réclame près de 250'000 francs.
La défense plaide l’acquittement
L’avocat de la défense n’est pas de cet avis. Pour lui, son client a effectué les contrôles qu’on attendait de lui. « Aucune norme n’oblige le chauffeur professionnel à contrôler spécifiquement les roues jumelées, à enlever le garde-boue et à se coucher sous le camion », argumente-t-il. Il ajoute qu’il y a bien trop d’inconnues pour que la justice puisse affirmer la culpabilité de son client. On ne sait pas d’où provenait le caillou, on ne sait pas à quel moment il se serait retrouvé coincé, ni où exactement. La pierre aurait déjà pu se trouver sur la chaussée, énumère-t-il. Selon lui, son client doit bénéficier de la présomption d’innocence et être acquitté. Concernant les prétentions civiles, l'avocat de la défense les rejette, estimant que son client n’est pas la personne à incriminer. « C’est au détenteur du véhicule (l’employeur) qu’il faut s’adresser. »
La cour du Tribunal régional rendra sa décision par écrit, à une date ultérieure. /cwi









