Quatre ans et demi de prison pour l’auteur des coups de couteau près du centre d’asile de Bure

Le Tribunal pénal de Porrentruy a retenu la tentative de meurtre par dol éventuel à l’encontre ...
Quatre ans et demi de prison pour l’auteur des coups de couteau près du centre d’asile de Bure

Le Tribunal pénal de Porrentruy a retenu la tentative de meurtre par dol éventuel à l’encontre d’un homme de nationalité étrangère qui sera expulsé du territoire suisse durant 7 ans. Des vidéos versées au dossier juste avant le jugement n’ont pas engendré de rebondissement.

Le prévenu a été maintenu en détention au Château de Porrentruy à l'issue du jugement. Le prévenu a été maintenu en détention au Château de Porrentruy à l'issue du jugement.

Un homme de nationalité étrangère a été condamné ce jeudi à 4 ans et demi (53 mois) de prison ferme par le Tribunal pénal de Porrentruy et à une expulsion du territoire suisse durant 7 ans. Il a été reconnu coupable de tentative de meurtre pour des coups de couteau aux abords du Centre fédéral d’asile de Bure en janvier 2025, la victime s’en tirant avec une blessure de quatre centimètres de profondeur à la gorge qui a épargné les veines jugulaires. Le Ministère public réclamait 6 ans et demi, mais le tribunal a retenu le dol éventuel, atténuant ainsi la peine.


Des images de vidéosurveillance versées en dernière minute

La défense a pourtant bien cru à un possible rebondissement à l’heure du jugement lorsque de nouvelles images de vidéosurveillance ont été versées au dossier. Mais le tribunal n’en a pas eu la même lecture. On y voit le plaignant courir à vive allure après l’altercation en direction du centre d’asile avec, à sa suite, le groupe de quatre autres résidents, dont le prévenu, qui marchent. Pour la défense, cette course effrénée montre que le plaignant n’est pas gravement blessé et qu’il se serait infligé cette blessure après. « Lui, il court normal, il ne se tient même pas le cou. C’est après, quand il s’est caché, qu’il a fait le geste. Moi, regardez, je marche tranquillement », appuie le prévenu. Le tribunal, au contraire, y voit l’adrénaline de la fuite pour chercher du secours comme le mentionnera le plaignant dans ses premières auditions.


« Invraisemblable de s’infliger soi-même une telle blessure »

La présidente Martine Lang détricote l’amas de déclarations contradictoires qui polluent cette affaire, ainsi que les différents éléments forensiques et images du dossier, pour attribuer l’un des deux couteaux, le rouge, au prévenu. Sur le tranchant de sa lame figure le sang de la victime. Sur le couteau blanc du plaignant, qu’il jettera après l’altercation, son sang y est aussi, mais uniquement sur le dos non tranchant de la lame repliée. Puis il y a ce dialogue, déterminant, en arabe entre le plaignant sur le brancard des secours et le prévenu, rapporté par les agents de sécurité du centre qui parlent cette langue. « Vous étiez plusieurs et vous n’avez pas réussi à me tuer ! », lance le plaignant. « On va se revoir », lui rétorque le prévenu. Invraisemblable qui plus est, aux yeux des juges, de s’infliger soi-même une telle blessure dans une zone vitale. « Le prévenu ment, c’est lui qui tenait le couteau rouge et a porté les coups », assène la présidente, ajoutant qu’en frappant trois fois dans la région du cou, transperçant une fois sa cible, « il savait qu’il pouvait tuer ». L’homme est aussi reconnu coupable de vols, de tentatives de vol et violation de domicile, ainsi que d’infractions aux lois sur les étrangers et sur les stupéfiants. /jpi


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