Des travaux vont bientôt s’ouvrir à la sortie de Courtedoux, direction Chevenez. Dès le 20 avril, et jusqu’en octobre, le trafic sera perturbé pour permettre la construction d’un crapauduc sur 700 mètres. Huit tunnels vont passer sous la route pour laisser traverser les batraciens. Depuis la création des bassins de sécurité sous l’A16, en dessous du viaduc du Creugenat, les grenouilles et les crapauds se reproduisent dans le plan d’eau. Depuis 2017, en fin d’hiver, des barrages mobiles sont dressés de part et d’autre de la route afin d’éviter que ces animaux ne soient écrasés par les véhicules. Et tous les jours, une personne effectue les relevés dans les seaux pour transporter les animaux de l’autre côté de la chaussée. L’opération a d’ailleurs débuté vendredi et devrait durer près de deux mois.
Cette solution temporaire coûte chaque année entre 25’000 et 30'000 francs. Edouard Roth, gestionnaire des surfaces de compensations écologiques de l’A16 au Service des infrastructures, précise qu’il s’agit uniquement d’une « demi-mesure, puisqu’on ne prend que les batraciens qui font leur migration aller ». Le retour qui s’effectue jusqu’à l’automne ne permet pas de poursuivre le relevé quotidien. Les grenouilles et les crapauds sont ainsi régulièrement victimes de la route.
Edouard Roth : « C’est la 10e année qu’on pose des barrages mobiles. »
Une relation de causalité
L’Office fédéral des routes va financer 53% des travaux, budgétisés à 750'000 francs. Il a été établi que la création des bassins de sécurité de l’A16 avait attiré ces batraciens depuis le bois de Montaigre. « Il y a quand même une relation de cause à effet importante », selon Edouard Roth. L’Office fédéral de l’environnement va également subventionner les aménagements réalisés à Courtedoux, à hauteur de 23%, soit la moitié de la part à charge du canton du Jura.
Des crapauducs qui fonctionnent
Le canton du Jura compte déjà trois autres crapauducs : aux étangs des Royes à Saignelégier, aux abords de l’étang Corbat à Porrentruy ainsi qu’à Damphreux. Edouard Roth relève que ce dernier ouvrage vient de faire l’objet d’un suivi d’efficacité après cinq ans de mise en fonction. « Les résultats sont très positifs. Ça veut dire que ces ouvrages fonctionnent, que les batraciens traversent là-dessous. » /ncp









