Le Gouvernement jurassien indique ce mercredi ne pas être convaincu par la proposition de Swisstopo d’octroyer la gestion opérationnelle du site de recherches au-dessus de St-Ursanne à la Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs.
Le Jura ne veut pas que l’industrie nucléaire gère le laboratoire souterrain du Mont Terri. Le Gouvernement communique ce mercredi après-midi ne pas être convaincu par la proposition de l’Office fédéral de la topographie (Swisstopo) d’accorder la gestion opérationnelle des recherches scientifiques réalisées sur le site au-dessus de St-Ursanne à la Nagra, la Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs. Swisstopo projette de se désengager à la fin de l’année de l’exploitation du laboratoire en raison du programme d’allègement budgétaire de la Confédération actuellement traité par les Chambres fédérales. La suggestion faite le 30 janvier dernier à l’exécutif jurassien n’accorde pas toutes les garanties nécessaires.
Plusieurs interrogations soulevées
Le Canton rappelle qu’il octroie l’autorisation d’exploiter à deux conditions : indépendance et neutralité de la gestion. Or, donner les clés du laboratoire du Mont Terri à la Nagra remet en question « la légitimité du processus » ainsi que « la pérennité des activités » menées sur le site, « notamment en termes de sécurité du programme scientifique. » Selon le Gouvernement, le modèle de gestion proposé « impliquerait la suppression de la commission de suivi, composée notamment d’experts indépendants » qui est « la garante de la probité des travaux » réalisés. Une option inadmissible pour l’exécutif.
Le laboratoire regroupe 22 organisations réparties dans dix pays. Le Jura estime « difficilement concevable » que les partenaires suisses et étrangers « réalisent leurs recherches sous la conduite d’une entité de l’industrie nucléaire ». Il rappelle que les expériences menées ne concernent pas uniquement le stockage des déchets radioactifs, mais aussi le stockage du CO2, de la chaleur et de combustibles. Il ne faut pas les délaisser au profit du nucléaire.
Poursuite des négociations
Le Gouvernement jurassien écrit donc ne pas pouvoir donner son aval à la solution de Swisstopo et souhaite étudier d’autres options en partenariat avec un autre office fédéral ou avec les Ecoles polytechniques. Il assure s’engager « à prendre les contacts nécessaires afin de construire des ponts et élaborer d’autres pistes en vue de pérenniser les travaux du laboratoire du Mont Terri. »
En refusant la proposition de Swisstopo, le ministre jurassien de l’environnement ne craint pas de se retrouver dans une impasse à la fin de l’année. « Il y a toujours un risque mais on n’est pas obligé d’accepter n’importe quoi », nous a indiqué Jean-Paul Lachat qui entend désormais « trouver une solution qui convienne à tout le monde. »
De son côté, Swisstopo a souhaité apporter des précisions jeudi. Il estime que l’indépendance et la neutralité de la gestion du Laboratoire auraient été assurées par la création d’un nouveau comité du pilotage, rassemblant les anciens membres du comité de suivi et du comité stratégique existants. Selon lui, le canton du Jura aurait été davantage impliqué dans la gestion stratégique et la surveillance, « lui conférant une influence accrue par rapport à l’état actuel, et clairement définie et effective sur la sécurité, la gouvernance et le développement du site ». /comm-nmy









