Le CIP à Tramelan accueille les clichés de Charlène Mamie jusqu’au 2 avril. Baptisée « Pistes vertes », l’exposition présente des restes de remontées mécaniques et de tremplins de saut à ski à l’abandon dans l’Arc jurassien.
S’imaginer faire du saut à ski à Delémont ou Muriaux, cela paraît totalement saugrenu mais ça réveille peut-être quelques souvenirs chez les anciens. Des tremplins existaient dans les deux localités jurassiennes. Charlène Mamie en apporte la preuve dans une exposition intitulée « Pistes vertes » qu’elle propose au CIP à Tramelan jusqu’au 2 avril. Originaire de La Neuveville, cette photographe établie à Bienne présente des clichés de vestiges de trois tremplins de saut à ski (Delémont, Muriaux et Le Locle) et de sept téléskis de l’Arc jurassien (Fontenais, Grandval, Reconvilier, Nods, La Vue-des-Alpes, Buttes et Tête de Ran). Son exposition a un double objectif. « La première chose est de montrer l’un des effets du réchauffement climatique sur notre région, explique la photographe. Les températures augmentent et on a de moins en moins de jours de neige ». Conséquence, plusieurs installations ont fait faillite dans la région. Certaines n’ont pas été démantelées. C’est là le deuxième aspect soulevé par Charlène Mamie. « On retrouve des câbles électriques, des pylônes, du béton, de la mousse, du plastique qui pourrissent dans la nature », s’étonne la jeune femme.
Charlène Mamie : « Ça m’a surprise de découvrir qu’il y a vraiment des endroits abandonnés, qu’on laisse à la pourriture, dans la nature. »
Inspirée des Alpes
Après avoir visionné un épisode de l’émission Mise au Point de la RTS qui évoquait des installations abandonnées dans les Alpes, la Neuvevilloise a voulu savoir si c’était aussi le cas dans la région. Grâce à une carte interactive de l’association Mountain Wilderness, elle a constaté que l’Arc jurassien en regorge. « Ça a été une surprise car on a un peu cette idée d’une Suisse où tout est propre, tout est rangé et, quand quelque chose est cassé, on le répare », avoue-t-elle.
La beauté de l’abandon
Reste que ces abandons sont une vraie opportunité pour la photographe qui apprécie tout particulièrement l’urbex. Il s’agit d’un style artistique qui consiste à photographier des endroits à l’abandon. « J’ai toujours trouvé ça passionnant et finalement beau à regarder », dit-elle. Il n’en fallait pas plus pour que Charlène Mamie sillonne la région, sans skis aux pieds mais avec un appareil photo à la main. /msc










