Ce n’est qu’à la fin des années 80 que les soins palliatifs ont fait leur apparition dans l’Arc jurassien. L’origine de cette pratique dans la région ? Élisabeth Paroz, une ancienne infirmière à domicile dans le Jura bernois qui a aussi travaillé à l’hôpital de Delémont, aujourd’hui Hôpital du Jura. La Bernoise est mise à l’honneur tout au long de l’année dans un recueil mandaté par l’Association pour le Développement des Soins Palliatifs Berne-Jura-Neuchâtel (ADSP BEJUNE). Son récit raconte l’émergence et le développement des soins palliatifs. Il sera publié progressivement dans une lettre d’information de l’ADSP BEJUNE.
Pour Élisabeth Paroz, tout a commencé après une conférence de Charles-Henry Rapin, médecin et pionnier de la gériatrie genevoise et des soins palliatifs. « Ça a été un déclic pour moi, je ne supportais pas de voir mes patients souffrir. La morphine permettait de soulager les douleurs. C’était formidable de voir que mes patients n’avaient plus mal. »
Élisabeth Paroz « Mon patient souffrait tellement que la morphine ne suffisait pas. Je lui ai injecté du Dormicum et il a pu s’en aller tranquillement. »
Parfois, la morphine ne suffisait plus. « Je me souviens d’un homme qui souffrait terriblement. Son fils s’est procuré du Dormicum. Je le lui ai injecté et il a pu s’en aller tranquillement. » Si les traitements par la morphine font désormais partie du décor, Élisabeth Paroz a au départ fait face à une difficulté : un médecin réfractaire qu’elle a finalement su convaincre. La Bernoise a ensuite créé en 2003 la Société de soins palliatifs de l’Arc jurassien (SPAJ).
Les soins palliatifs se sont depuis démocratisés
Depuis, cet accompagnement des patients aux maladies incurables ou en fin de vie a bien évolué dans la région, d’après la présidente de Palliatifs BEJUNE. Au niveau médical, un grand travail a permis de démystifier en partie la morphine, explique Thérèse Puig. « La représentation de cet antalgique était et est toujours liée à la mort », d’après l’infirmière spécialiste clinique en gériatrie et soins palliatifs.
Des défis, il en existe encore aujourd’hui, d’après Thérèse Puig. Elle cite par exemple le fait de rendre accessible les soins palliatifs dans tous les lieux de santé. Sans oublier la formation et la sensibilisation des équipes, en particulier dans tout ce qui se rapporte à la qualité de vie. /ehe









