Un retour de l’inflation n’est pas exclu en Suisse avec la guerre au Moyen-Orient

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Un retour de l’inflation n’est pas exclu en Suisse avec la guerre au Moyen-Orient

Yann Rufer, chargé de cours en économie à la HE-Arc, estime que l’inflation pourrait revenir en Suisse si les opérations militaires au Moyen-Orient et leurs impacts sur les prix du pétrole devaient perdurer.

L’instabilité du prix du pétrole inquiète les marchés. (Photo d'illustration)
L’instabilité du prix du pétrole inquiète les marchés. (Photo d'illustration)

Le sceptre de l’inflation plane à nouveau sur le monde, y compris sur la Suisse, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les prix du pétrole et du gaz ont déjà pris l’ascenseur depuis le début des opérations militaires israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. La fermeture du détroit d’Ormuz - par lequel transitent 20% du pétrole mondial - inquiète en particulier les marchés. La Suisse a connu son dernier épisode inflationniste en 2022 avec un taux de 2,8% à la suite de la guerre en Ukraine qui avait également fait exploser les prix de l’énergie. Pour Yann Rufer, chargé de cours en économie à la HE-Arc, la situation est sous contrôle à très court terme puisque l’inflation se situe à 0,1% en Suisse. « Même si cela devait monter, cela resterait gérable », souligne le Jurassien. Yann Rufer précise encore que les différents États peuvent actuellement « piocher dans leurs réserves stratégiques en pétrole » mais que la situation pourrait changer si la guerre au Moyen-Orient devait se prolonger et continuer à déstabiliser les cours de l’or noir. Le chargé de cours en économie rappelle aussi que le pétrole iranien alimente surtout la Chine qui est devenue l’usine du monde. « C’est un effet ricochet, puisque tous les produits que nous importons de Chine deviendront plus cher », relève Yann Rufer. « Il ne faut pas tomber dans un scénario catastrophe mais cela reste une source d’inquiétude », relativise le Jurassien qui indique encore que dans un tel cas de figure, les banques centrales – dont la Banque nationale suisse – seraient contraintes de relever leurs taux directeurs pour juguler une éventuelle inflation supérieure à 2%.

Yann Rufer : « L’énergie touche toutes les activités humaines donc dès le moment où le prix du pétrole augmente, cela a un impact global sur l’économie. »

À noter encore que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) envisage un recours sans précédent aux réserves stratégiques de brut, selon le Wall Street Journal, pour faire face à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran. /fcom-ats


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