Les chasseurs jurassiens ont tenu leurs assises samedi à St-Ursanne. Il a notamment été question du prélèvement du cerf élaphe, pour la première fois dans la région. Afin de se préparer à une arrivée potentielle de la peste porcine africaine, les chasseurs de la région prendront part à un exercice grandeur nature en avril.
C’est une première, les chasseurs jurassiens seront appelés à réguler la population de cerfs sur le territoire cantonal. C’est l’une des informations données ce samedi après-midi lors de l’assemblée générale de la fédération cantonale jurassienne des chasseurs (FCJC) à St-Ursanne. « À ce jour on compte une cinquantaine de cerfs dans la région, explique Nicolas Wallimann, président de la FCJC. Cette régulation devrait commencer en 2027, précise le Jurassien, qui avoue avoir été surpris par la rapidité d’une telle mesure. « On imaginait plutôt un horizon 2030, avoue-t-il. La dynamique de croissance des populations est là. La volonté de l’Office de l’environnement est de ne pas se laisser prendre par un développement qui ne peut plus être géré, comme c’est arrivé dans d’autres cantons de Suisse. » Les premiers prélèvements de cerfs élaphes auront lieu l’année prochaine : « cela se fera de manière limitée sur quelques mâles », précise Nicolas Wallimann.
Nicolas Wallimann : « La volonté de l’Office de l’environnement est de ne pas se laisser prendre par un développement qui ne peut plus être géré. »
Un exercice grandeur nature pour se préparer à la peste porcine
Les chasseurs jurassiens ont également été informés au sujet d’une menace qui plane sur une partie de la faune locale : la peste porcine africaine. Cette maladie n’a encore jamais été observée en Suisse, mais un foyer d’infection virulent a été observé au nord de l’Italie, alors qu’un autre a vraisemblablement été maîtrisé dans le nord de la France. Cette maladie, inoffensive pour l’homme et les autres animaux, est extrêmement contagieuse et hautement léthale pour les suidés (sangliers et porcs domestiques) et son arrivée pourrait mettre en danger les élevages de la région. Mais les chasseurs ont un rôle à jouer dans les mesures à mettre en place face à cette maladie. C’est ce qu’est venu expliquer samedi le service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires lors de l’assemblée. « Dans le cas où l’on découvre un cadavre atteint de peste porcine, on met la zone en quarantaine, explique Nicolas Wallimann. Puis, les chasseurs, aidés de leurs chiens éduqués pour faire de la recherche au sang et de cadavres quadrillent cette zone pour voir s’il y a d’autres cadavres touchés et éviter la propagation. »
Afin de se préparer au mieux à une éventuelle arrivée de cette maladie sur le territoire helvétique, les chasseurs prendront part à un exercice grandeur nature au mois d’avril. « Des cadavres mimés atteints de peste porcine seront mis dans la nature et les chasseurs seront mis à contribution pour les retrouver. Il s’agit de se préparer pour pouvoir agir le plus rapidement possible en cas de besoin », explique Nicolas Wallimann. /tna









