Le Musée de l’Hôtel-Dieu à Porrentruy présente une exposition temporaire dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie. Douze personnalités ayant marqué la région, principalement au XXe siècle, sont à découvrir jusqu'au 19 avril.
Les 12 femmes mises en valeur lors de cette exposition temporaire. De gauche à droite et de haut en bas : Eliane Chytil, Sœur Ostrega, Judius, Mathilde Monnier, Marie Rose Zuber, Silvius, Marthe Kohler, Sœur Anne Marie Schaffter, Elisabeth Vergon, Sœur Rita, Gilberte Montavon, Denise Péronne. (Sources : collections du Musée de l’Hôtel-Dieu)
C’est une exposition qui veut rendre honneur aux femmes de la région. Le Musée de l’Hôtel-Dieu à Porrentruy (Mhdp) met sur pied une exposition temporaire à l’occasion de la semaine de la langue française et de la francophonie. Plusieurs événements sont également organisés par d'autres institutions jurassiennes pour l'occasion. L'exposition du Mhdp raconte le parcours de 12 femmes ; poètes, comédiennes, artistes, religieuses ou personnalités de la vie publique jurassienne, prncipalement au XXe siècle et dont le parcours est documenté dans les collections du Mhdp. Cette démarche s'inscrit dans un effort poursuivi par le Mhdp, mais aussi d'autres institutions historiques, depuis plusieurs années qui s'efforce de rechercher et collectionner objets et documents racontant l'histoires des femmes dans la région.
Un travail conséquent pour raconter la vie de ces femmes
Si aujourd’hui encore les femmes doivent souvent travailler plus que les hommes pour un salaire équivalent, il semblerait que cette logique s’applique également au travail des historiennes et historiens. Documenter et raconter l’histoire de ces personnalités féminines demande un travail de recherche conséquent, souvent bien plus conséquent que pour raconter l’histoire des hommes. « C’est parfois très difficile de trouver des informations sur leurs carrières. Les femmes ne se sont pas souciées de laisser quelque chose pour la postérité, elles étaient davantage dans le « faire » que dans « la mémoire » », explique Anne Schild, conservatrice au Mhdp. En conséquence, il est parfois compliqué de retracer précisément la vie de certaines femmes. À tel point que le musée a dû renoncer à présenter certains portraits, faute de sources à disposition. « On a des photographies de Anna Membrez, ancienne tenancière des Deux Clés. Mais nous n’avons pas retrouvé pour l’instant de données qui permettraient de faire sa biographie », regrette Anne Schild.
Anne Schild : « C'est souvent des destinées très intéressantes mais qui ne laissent pas beaucoup de traces malheureusement. »
« Elles ont dû lutter pour faire leur place dans un monde très masculin »
Parmi les portraits présentés dans cette exposition « On peut citer par exemple Marthe Koller, sage-femme qui a ouvert sa propre clinique privée d’accouchement pour les femmes à revenus modestes. C’est une femme qui a eu beaucoup de courage, mais aussi de sens entrepreneurial et qui finalement n’est pas forcément mise en valeur. » Mais ces destins exposés au Mhdp sont probablement la pointe de l’iceberg. L’exposition propose également les portraits de plusieurs femmes artistes, comme Judius ou Elizabeth Vergon, « qui ont dû lutter pour se faire une place dans un monde très masculin », explique Anne Schild. Des trajectoires de vie qui sont très souvent restées dans l’ombre, mais qui ont aussi largement contribué à la société, « essentielles à l’histoire sociale et culturelle de la région ».
« C'est très important de mettre ces personnes en valeur et de montrer ce qu'elles ont fait. »
Pour accompagner cette exposition et prolonger la réflexion, une table ronde intitulée « Les femmes, grandes oubliées de l’Histoire ? » aura lieu le 18 mars à 19h. Elle est organisée conjointement entre le Mhdp, les Archives de l’ancien Évêché de Bâle, le Dictionnaire du Jura et la section bruntrutaine de la Société jurassienne d’émulation. /tna








