Le prix de la dissuasion atteindrait 50 francs. Se rendre aux urgences sans l’aval d’un médecin ou d’un pharmacien pourrait être payant. Le Conseil national a adopté mercredi matin une mesure visant à limiter le nombre de visites aux urgences. Le patient pourrait être amené à verser 50 francs pour sa consultation s’il n’y a pas été envoyé par un médecin, un pharmacien ou un centre de télémédecine. Gautier Vallat, directeur de l’Hôpital du Jura n’est pas convaincu par l’idée : « Les problèmes de santé lorsqu’ils sont pris en charge trop tard coûtent plus cher. »
Gautier Vallat : « Ça va encore plus engorger le système »
L’initiative parlementaire visant à faire baisser les coûts de la santé a manqué sa cible selon le directeur de l’Hôpital du Jura. « En sollicitant d’avantage les médecins généralistes, ce sont les dépenses administratives qui vont augmenter. »
Gautier Vallat rappelle également que « les gens ne viennent pas aux urgences pour des blessures bénignes par plaisir. Ils savent qu’ils ne seront pas priorisés et que ça va prendre longtemps. » Pour lui, si on les retrouve malgré tout en salle d’attente c’est que le problème est ailleurs.
Gautier Vallat : « Dans le Jura, on a constaté une diminution de consultations aux urgences. »
L’initiative ne répond pas aux exigences et aux réalités du terrain selon Gautier Vallat. D’autres solutions lui semblent plus adéquates pour freiner l’utilisation des services d’urgence, comme l’augmentation de l’offre en médecine générale. « On peut aussi réfléchir à des prises en charge alternatives, pourquoi pas avec des infirmières ? Elles sont aussi formées de manière spécifique pour ce type de situation. »
Tout le monde ne passera pas à la caisse
A noter également que les femmes enceintes et les enfants de moins de 18 ans ne seraient pas concernés par la taxe. La mesure, acceptée par le National mercredi, doit encore être débattue et votée au Conseil des Etats. Si le projet venait à être validé par ce dernier, le mot de la fin reviendrait aux cantons, libres d’accepter ou de refuser l’initiative. /nje









