C’est un projet inédit qui a vu le jour dans le canton du Jura. Les Matériaux Sabag ont présenté ce jeudi dans le détail leur projet de centre logistique lors d’une soirée de la construction organisée en collaboration avec différentes associations du secteur. Ce centre, d’une surface totale de 15'200 m2, devrait être entièrement terminé ces prochaines semaines et ouvrira ses portes mi-mai. Son objectif : centraliser les six dépôts existants sur le site de La Balastière à Delémont dans un seul bâtiment. Un projet qui est arrivé sur la table en 2020 et qui est désormais pratiquement achevé. D’ici quelques semaines, les clients pourront donc concrètement entrer dans cet édifice et ressortir avec l’ensemble des matériaux dont ils ont besoin, sans devoir passer d’un bâtiment à un autre.
Guillaume Jecker : « La demande est suffisante pour motiver un investissement aussi important. »
Si le directeur des Matériaux Sabag Guillaume Jecker n’a pas souhaité articuler de chiffres, il assure qu’il s’agit du projet le plus important jamais réalisé par l’entreprise dans la région. Après avoir construit un centre des expositions et une halle de construction et de fabrication d’éléments en béton, il était temps de s’occuper de la partie logistique. Près de 12'000 emplacements de stockages différents pourront être identifiés dans ce bâtiment. « Il y aura beaucoup plus de lisibilité et de facilité pour nos clients », assure Guillaume Jecker. Pour lui, un centre comme celui-ci est donc primordial dans notre région « où la demande est clairement suffisante ».
Pierre-André Raboud : « Vu le nombre d’entrepreneurs dans la région, c’est difficile de contenter tout le monde. »
Une situation morose pour le secteur
Ce nouveau centre logistique semble être accueilli à bras ouverts par le domaine de la construction, même dans un climat actuel délicat. Un tel investissement ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe pour Guillaume Jecker qui le considère ironiquement comme « un risque d’être prêt au moment de la reprise ». Une reprise qui se laisse entrevoir, à en croire Pierre-André Raboud, président de la Fédération jurassienne des Entrepreneurs, mais il tempère tout de même. « Au niveau du bâtiment, le secteur ne se porte pas si mal, mais le problème est plutôt dans le génie civil, où on dépend beaucoup plus des pouvoirs publics au niveau des investissements. Et vu l’état des finances cantonales, on voit qu’il y a un petit souci au niveau du volume de travail qui est mis en soumission depuis deux ans », souligne-t-il. Ce manque d’investissement au niveau politique pousse donc les entreprises à aller voir ailleurs, mais il est difficile de rester concurrentiel avec les frais de déplacement, selon lui. Pierre-André Raboud relativise. Il indique que les perspectives pour l’année en cours sont meilleures, notamment grâce au développement de la mobilité douce. /lge









