Un atelier particulier s’est déroulé dans l’Établissement d’exécution des peines de Bellevue à Gorgier vendredi après-midi. Les personnes détenues ont pu se familiariser avec le monde de l’horlogerie, grâce à une activité organisée conjointement avec le MIH. Reportage.
Faire entrer l’horlogerie dans les murs de la prison. C’est une première dans le canton de Neuchâtel, le Musée international d’horlogerie (MIH) anime une série de trois ateliers dans l’Établissement d’exécution des peines de Bellevue à Gorgier. En février, une première activité du MIH avait rencontré du succès au sein de cet établissement pénitentiaire. Il avait été décidé que l’expérience serait reconduite. Vendredi après-midi, treize personnes détenues ont pu prendre part au second atelier. Au programme, l’étude et la construction d’un cadran solaire. « C’est un peu spécial, car ce sont les animateurs du MIH qui sont venus faire l’atelier », explique Héloïse, monitrice socio-culturelle, employée du service pénitentiaire neuchâtelois. « Cela rentre dans le programme d’activités que je mets en place tout au long de l’année pour les personnes détenues », ajoute-t-elle. Selon Héloïse, il est important de varier les domaines d’activités au sein des établissements et de toujours garder un lien avec l’extérieur.
Héloïse : « Plus tard ces personnes vont sortir. »
La question de la réinsertion est au centre de la conception des programmes d’animation, détaille la monitrice. « Ça me paraît essentiel. Tout ce qu’on peut faire pour accompagner ce travail de réinsertion est à prendre. » Il faut s’imaginer la difficulté que peut représenter la sortie de prison pour les personnes détenues. « Certains ont peut-être passé vingt ans coupés de la société et il faut trouver un travail, etc... Ce n’est vraiment pas simple », souligne Héloïse.
Un atelier exceptionnel pour le MIH
Pour les animateurs du Musée international d’horlogerie, l’expérience est aussi inédite qu’elle peut être source de stress. « Bien sûr, il y a un peu d’appréhension au départ, pour nous comme pour les personnes détenues », confie Régis Huguenin, conservateurs du MIH. « Il faut s’approprier cet environnement, mais passer les premières minutes, l’atelier se déroule ensuite tout à fait normalement, comme on le ferait dans nos murs », poursuit-il. Et d’ajouter que les ateliers ne sont pas conçus spécialement pour le milieu carcéral.
Régis Huguenin : « On voit que cet effet de groupe et les échanges fonctionnent. »
Certaines adaptations sont tout de même nécessaires, notamment pour des raisons de sécurité. « Il y a beaucoup de mesures de précaution par rapport au matériel que l’on va utiliser », observe Régis Huguenin. « Mais on arrive tout de même à faire beaucoup de choses. »
Reportage à l'atelier d'horlogerie
Un dernier atelier sur le thème de l’horlogerie sera donné le mois prochain à l’Établissement d’exécution des peines de Bellevue à Gorgier. Pour la suite de son programme d'animation, la monitrice socio-culturelle envisage de nouvelles collaborations en lien avec l’actualité du canton. « Je suis en discussion avec d’autres musées de la région », détaille Héloïse. Mais également avec des festivals. « Je suis en discussion avec le NIFFF qui va peut-être venir faire des ateliers autour du cinéma par exemple », termine-t-elle. /crb










