L’institution muséale et zoologique chaux-de-fonnière invite le public en expédition, de Londres à Madagascar, pour y rechercher une espèce de poisson présumée éteinte. « Il faut sauver le Joba Mena » est à découvrir dès le 2 avril.
C’est une grande aventure et une histoire vraie que raconte Muzoo dans sa nouvelle exposition temporaire. Celle du sauvetage du Joba Mena. Un poisson d’eau douce endémique de Madagascar.
En 2012, Brian Zimmermann, alors conservateur de l’Aquarium du Zoo de Londres, pense que l’espèce n’existe plus à l’état sauvage et uniquement en captivité. Elle est sur le point de s’éteindre. Dans les institutions publiques, il ne reste plus qu’une poignée d’individus, dont une seule femelle qui ne survira pas suffisamment longtemps pour assurer une descendance. Débute alors une quête à l’échelle mondiale pour dénicher chez des aquariophiles une survivante. Une recherche qui aboutira à la découverte d’une petite population sauvage fortement menacée à Madagascar.
Charles-Edouard Fusari : « Ces dix dernières années, on essaye de mettre en place un programme de conservation pour éviter l’extinction de l’espèce. »
C’est cette histoire que raconte l’exposition « Il faut sauver le Joba Mena – Enquête à Madagascar ». Elle immerge le visiteur dans cette expédition scientifique qui a permis de retrouver le poisson malgache. Il passera par le bureau de Brian Zimmermann, s’attablera dans un pub anglais, prendra l’avion pour Antananarivo, montera à bord d’une Jeep pour sillonner les routes de l’île et finalement découvrir la rivière Amboaboa qui abrite les derniers spécimens sauvages de Joba Mena.
Le trajet entre la capitale britannique et l’île située au large du Mozambique prend des allures de planches de bande dessinée d’aventure. Une des expéditions scientifiques menées par l’équipe de l’Aquarium tropical du Palais de la Porte dorée de Paris a pris avec elle à Madagascar Singeon, un illustrateur et bédéiste français qui a raconté l’histoire de la redécouverte du Joba Mena dans une bande dessinée « Comme un poisson hors de l’eau ».
Aujourd’hui, le poisson vit toujours dans la rivière Amboaboa. Des mesures ont été prises avec les populations locales pour permettre à l’espèce de survivre. Quelque 1’000 individus vivent aussi en captivité à travers le monde et assurent la pérennité de l’espèce. Dix d’entre eux ont trouvé refuge au Vivarium dans le cadre de l’exposition présentée à Muzoo.
Yasmine Ponnampalam, responsable secteur zoologique de Muzoo : « Pour l’instant, ils sont timides. »
L’exposition « Il faut sauver le Joba Mena – Enquête à Madagascar » a été créée à l’Aquarium tropical du Palais de la Porte Dorée à Paris. Son directeur, Charles-Edouard Fusari, en est le commissaire. Elle est à voir à Muzoo à La Chaux-de-Fonds dès le 2 avril et jusqu’au 19 septembre 2027. /cwi










