A quelques jours de Pâques, RFJ consacre une série d’entretiens à des prêtres qui ont quitté leur pays d’origine pour exercer dans le Jura. Le quatrième et dernier épisode ce jeudi analyse la situation générale avec le diacre Didier Berret.
Près de la moitié des prêtres dans le Jura sont d’origine étrangère. A l’approche de Pâques dimanche, RFJ est allée à la rencontre de trois d’entre eux dans la série « La foi les a conduits dans le Jura ». Les précédents épisodes diffusés cette semaine ont dressé les portraits du Camerounais Kisito Essele, l’Indien Inna Reddy Allam et le Congolais Firmin Nsoki. Le quatrième et dernier rendez-vous ce jeudi prend un peu de hauteur sur la situation avec Didier Berret. Le diacre et délégué épiscopal indique que parmi les 27 prêtres actifs dans la région, 12 viennent de l’étranger. « Le Jura pastoral, comme canton indigène, n’a plus suffisamment de prêtres pour remplir toutes les missions confiées, donc on fait volontiers appel à des gens de l’extérieur », relève Didier Berret qui précise que « le plus courant c’est des prêtres qui nous approchent. »
Didier Berret : « C’est une richesse parce que ça permet à l’église locale d’avoir des apports extérieurs. »
Tout n’est pas toujours rose
Selon le diacre, le Jura pastoral « essaie de veiller à l’intégration de tous les agents pastoraux qui viennent ». Cela passe par une première année d’acclimatation en accompagnant les prêtres fraichement arrivés dans la région, mais aussi par l’aspect collectif du travail. Les « équipes jouent le rôle de relais pour veiller à ce que le nouveau prêtre qui arrive puisse être intégré ». En cas de besoin, le vicariat peut aussi intervenir.
Au-delà de ces efforts qui portent généralement leurs fruits, des problèmes de racisme peuvent survenir. Certains cas ont déjà été constatés. « Du racisme indirect de gens qui, à l’intérieur de paroisses, disent ne pas vouloir de prêtre africain pour notre enterrement. Le prétexte qui est souvent donné c’est de dire qu’on ne les comprend pas ou qu’ils prêchent longtemps », regrette le diacre jurassien qui lutte contre le racisme en montrant « qu’on travaille harmonieusement et qu’on est heureux de travailler ensemble ». Didier Berret avoue néanmoins que pour combattre cette problématique, le Jura pastoral ne dispose pas de programme spécifique et formel. Le délégué épiscopal tient surtout à souligner « la richesse » apportée par les prêtres étrangers, notamment dans la manière différente de célébrer la foi « à travers des rites, des rythmes, des chants. Ce sont des apports qui sont toujours beaux ». /nmy
Les épisodes de la série :









