Colombey a ses deux églises et, pour quelques jours, Porrentruy ses deux évêques. Enfants du Jura, Gérard Daucourt (tantôt 85 ans) et Denis Theurillat (75 ans) ont célébré des messes dans toute l’Ajoie depuis jeudi. Le premier était prédicateur invité par l’Espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs, que le second a rejoint il y a six mois en devenant chapelain de Lorette. Ils sont les deux seuls Jurassiens à avoir été ordonnés évêques après avoir grandi dans la région, Daucourt à Courgenay, Theurillat à Epauvillers.
Leurs chemins respectifs ont fait qu’ils ne se sont pratiquement jamais rencontrés dans l’exercice de leurs fonctions. « On s’est vu une fois au carmel du Pâquier », se souvient Gérard Daucourt. « Et une autre fois à Lourdes », ajoute Denis Theurillat. « Je venais d’être nommé évêque et représentais la Suisse à l’assemblée des évêques de France. Tout à coup, quelqu’un me tapote sur l’épaule et me dit : « È vais bïn ? », en patois ! C’était Gérard ! »
Les deux évêques racontent leurs liens avec le Jura:
L’un comme l’autre ont rarement été présent dans le Jura depuis leur ordination épiscopale, n’y revenant qu’à de rares occasions. Évêque de Troyes, puis Orléans et Nanterre, Gérard Daucourt (ordonné en 1991) a vécu tout son ministère en France alors que Denis Theurillat (ordonné en 2000) a passé vingt-cinq ans en Suisse alémanique pour le compte du diocèse de Bâle. Mais le Jura n’a jamais été loin de leur esprit. « On n’enlève pas nos racines, défend Gérard Daucourt. Ce que je suis, je le suis devenu grâce au Jura. »
Gérard Daucourt : « L’immense indifférence des gens m’interroge et me stimule. »
Des questionnements sur la foi et la vie
Cette période pascale a aussi été l’occasion pour les deux évêques de transmettre un message, porté sur l’espérance. L’évêque Daucourt a tenu une conférence à Porrentruy intitulée « Peut-on encore croire aujourd’hui ? ». Il s’est questionné sur l’indifférence de la population vis-à-vis de la religion. Partant de sa propre expérience, « non pas que ma vie soit un modèle, je suis un pauvre type comme tout le monde », image Gérard Daucourt. « Mais je n’aurais rien fait tout seul. Le Christ m’a gardé fidèle, les gens m’ont soutenu et ça m’a maintenu dans l’espérance. » Une espérance que certains vont chercher à Lorette, auprès de Denis Theurillat. « Depuis que je suis chapelain, je reçois plusieurs témoignages de personnes qui cherchent un sens à leur existence au milieu de la dure réalité du monde. Pâques apporte la joie, à partir du témoignage du Christ ». /clo









