Trois hommes recherchés après l’agression au couteau à Delémont

Le Ministère public apporte des précisions près de trois jours après qu’un homme ait reçu des ...
Trois hommes recherchés après l’agression au couteau à Delémont

Le Ministère public apporte des précisions près de trois jours après qu’un homme ait reçu des coups de couteau en vieille ville. Un violent fait-divers qui fait ressurgir le débat autour de la sécurité et la réorganisation de la police à Delémont.

La Police jurassienne est toujours à la recherche des trois agresseurs qui seraient âgés de la vingtaine. La Police jurassienne est toujours à la recherche des trois agresseurs qui seraient âgés de la vingtaine.

Le Ministère public sort du silence après la violente agression survenue dans la nuit de samedi à dimanche à Delémont. Un homme a été poignardé à plusieurs reprises rue de la Justice en vieille ville avant de demander secours dans un bar tout proche. Sévèrement blessé, ce collaborateur de la police cantonale qui n'était pas en service a été opéré à l'hôpital et ses jours ne sont plus en danger. Si la Ministère public apporte quelques précisions près de trois jours après les faits, des zones d’ombre subsistent. Notamment la question pourquoi ? Pas de réponse à l’heure actuelle, « les mobiles de l’agression ne sont pas connus », communique la justice. Il est 1h20 du matin quand ce « membre du corps de la police cantonale », en tenue civile et en congé, est pris à partie Rue de la Justice, une ruelle peu éclairée de la vieille ville, parallèle à la très animée Rue de la Préfecture.


Rien ne permet d’établir que son appartenance au corps de police ait un lien avec l’agression

Selon le Ministère public, trois agresseurs d’une vingtaine d’années l’encerclent, la victime reçoit alors plusieurs coups de couteau dans l’abdomen et se fait voler son porte-monnaie. L’homme poignardé reçoit les premiers secours dans un bar tout proche, avant d’être transféré en urgence à l’hôpital pour y être opéré. « Par chance, aucun organe vital n'est touché », précise le communiqué. La victime était-elle visée en raison de son appartenance au corps de la police ? « Rien ne permet de penser à ce stade que cet élément soit en lien avec les faits », affirme le Ministère public. Les agresseurs qui ont pris la fuite en direction de la Rue du 23-Juin et de la Route de Bâle sont toujours recherchés : l’un d’eux portait une doudoune rouge, les deux autres un t-shirt. Toute personne pouvant apporter des éléments permettant de faire progresser l’enquête est priée de contacter le numéro de la centrale de la police jurassienne, 032 420 65 65.


Delémont moins surveillée depuis la réorganisation de la police ?

Dès le dimanche de Pâques, ce violent fait-divers a fait rejaillir le débat autour de la sécurité à Delémont alors que la police municipale s’est progressivement réorganisée depuis 2024 pour faire face à un manque de personnel. La surveillance de Delémont se fait désormais via un contrat de prestation avec la police cantonale, la police municipale étant devenue essentiellement administrative. Et c’est bien là le problème selon Afrim Ramnabaja, propriétaire de plusieurs bars à Delémont, qui alerte sur un sentiment d'insécurité grandissant depuis cette réorganisation de la police.

Afrim Ramnabaja : « On constate que la police est moins présente. »

« On voit un changement et on constate un manque de présence de la police en ville. En ayant une ou deux voitures qui tournent dans le week-end, si les policiers sont appelés pour un autre problème ailleurs, forcément il n’y a plus de présence de police durant quelques heures. Et une voiture de police qui traverse la rue ne suffit pas, il faut des rondes à pied. On constate en tout cas que la police est moins présente », pose Afrim Ramnabaja, par ailleurs ancien élu au Conseil de ville delémontain.


« Autant d’agents qu’auparavant » rétorque Damien Chappuis

Un constat que le maire de Delémont dément fermement. Damien Chappuis tient à « remettre l’église au milieu du village », chiffres à l'appui. « Avant la réorganisation, on disposait de 17 agents au sein du corps de police delémontain. Désormais, nous avons un contrat de prestation avec la police cantonale pour 12 agents à plein temps qui patrouillent uniquement sur Delémont, et nous avons encore cinq agents delémontains. Douze plus cinq égal 17, donc nous n’avons pas moins d’agents qu’auparavant », expose Damien Chappuis qui affirme que Delémont « n’est pas moins surveillée » que sous l’ancien système.

Damien Chappuis : « Douze agents cantonaux à plein temps et cinq policiers municipaux. »

Afrim Ramnabaja évoque également un contexte de plus en plus tendu avec le retour de « bandes de jeunes qui se donnent rendez-vous pour s’affronter » mais aussi d’une « nouvelle clientèle extérieure au canton voire extérieure de nos frontières qui ne vient pas pour faire la fête et boire un verre mais se distingue par un comportement provocateur ». L'homme d'affaires révèle par ailleurs qu'environ une heure et demie avant l'agression au couteau ce week-end, la police a déjà dû intervenir Rue de la Préfecture pour un passage à tabac d'un jeune par plusieurs individus. Le Ministère public, que nous avons tentés de joindre, n'a pas répondu à nos sollicitations sur ces faits annexes. Le maire de Delémont, lui, ne conteste pas ce sentiment d'insécurité remonté par certains citoyens : « J’entends ce que dit la population. On a aussi un problème de société sur la manière dont se comportent les gens et leur éducation. Donc avant d’avoir recours au corps de police, il est absolument nécessaire que l’on change notre manière de voir la vie ». /jpi


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus