Cinquante ans ont passé… Le 12 avril 1976, l’Assemblée constituante jurassienne entamait ses travaux à l’occasion de sa séance inaugurale à Delémont. Des travaux qui ont permis l’élaboration de la Constitution et la mise en place des différents pouvoirs dans un Canton du Jura en devenir. S’il est un personnage central de cette Constituante, c’est le président du bureau. François Lachat a tenu la baguette jusqu’au dernier jour, le 6 décembre 1978. L’Ajoulot avait été choisi pour présider une assemblée, dont 19 des 50 membres étaient issus de son parti, le Parti démocrate-chrétien (PDC) qui était le plus grand groupe. Il a su imprimer un rythme soutenu aux débats pour faire adopter toute la législation avant l’entrée en souveraineté du canton. « On m’a souvent reproché que je fouettais trop l’attelage pour qu’il tienne un rythme, mais je sentais que le peuple jurassien était pressé », avoue François Lachat qui salue l’ambiance qui régnait à l’époque et l’attitude des constituants. « On voulait faire envie à tous les autres cantons. On avait l’orgueil de ce canton. Il me semble que cet orgueil a un peu disparu. Nous avions l’orgueil de cette constitution, de faire en sorte que les choses soient belles », martèle d’un ton déterminé François Lachat qui retrouve le sourire quand il évoque la fierté d’y avoir contribué et d’avoir vu plus de 82% du peuple jurassien accepter le texte.
François Lachat : « Ça s’est fait en moins de temps qu’une grossesse. »
Le rejet de l’article 138 par les Chambres fédérales lors de l’examen de la Constitution jurassienne est encore un crève-cœur pour François Lachat : « Il n’y avait rien d’attentatoire. C’était simplement un rappel qu’on pouvait se réunifier. Mais d’un autre côté, ça a été le cache-sexe parce que tous les autres articles sont passés et certains étaient à la limite du droit fédéral. » L’ancien président de la Constituante explique aussi qu’il n’était pas favorable pour écarter les antiséparatistes – en particulier les libéraux-radicaux – du pouvoir après les plébiscites du 23 juin 1974. « C’était une idée de Roland Béguelin avec certains de ses acolytes. J’ai toujours protesté, car je voulais un Gouvernement d’union nationale. » François Lachat estime que ceux qui s’étaient opposés à la création du Canton du Jura se sont « finalement comportés très honnêtement, comme des gentlemen. »









