Face à une baisse du soutien de la Confédération pour son fonctionnement, la Fédération suisse du Franches-Montagnes a proposé certaines mesures ce mardi lors de l’assemblée des délégués, mais s’est heurtée à certains refus des éleveurs.
La Fédération suisse du Franches-Montagnes s’est heurté ce mardi, lors de l’assemblée des délégués à Saignelégier, au difficile exercice des coupes budgétaires. Elle va faire face à une baisse significative du soutien de la Confédération. « On va perdre 300'000 francs par année, ce qui est énorme dans un budget de 1,7 million de francs », expose la gérante de la FSFM, la Jurassienne Pauline Queloz. Si les comptes 2025 ont bouclé sur un déficit acceptable de près 12'000 francs, le budget 2026 table sur un bénéfice de 8'000 francs, mais est déjà empreint de certaines mesures d’économies. Des pistes ont été proposées ce mardi lors de l'assemblée des délégués telle la suppression de trois commissions au sein de la FSFM, disposition rejetée par les éleveurs.
« On va essayer de trouver d’autres mesures, mais c’est un travail difficile »
« On a présenté un certain nombre de mesures que ne sont pas toutes bienvenues, et on le comprend tout à fait. La suppression de trois commissions nous aurait permis d’économiser un certain montant. On prend acte que les délégués ont souhaité les conserver. On va essayer de trouver d’autres mesures d’économies, mais c’est un travail difficile », souffle Pauline Queloz. Les éleveurs ont également voulu garder la main sur la fixation des émoluments administratifs et indemnité des fonctionnaires de la FSFM en refusant que cette compétence soit transférée au comité.
Pauline Queloz : « On va perdre 300'000 francs par année, ce qui est énorme »
Au-delà des aspects administratifs, des adaptations liées à l’approbation des étalons et préservation de la race ont été approuvées. Notamment concernant les maladies héréditaires, comme la pancréatite induite par l'hypertriglycéridémie HIP, qui n’excluront plus d’office les étalons des sélections suite à une modification du règlement approuvée par l’assemblée. Il était devenu nécessaire, selon le comité, de faire preuve de davantage de tolérance.
Le pari d’une bonne santé malgré des gênes défectueux
« On n’accepte pas le croisement avec d’autres races pour conserver une race pure, ce qui évidemment peut poser des problèmes au sein de la population. Avec l’exclusion d’office en présence de ces maladies héréditaires, on se mettait des barrières. Par le passé, on a dû exclure un certain nombre de candidats qui seraient certainement devenus des bons étalons. Or, sur recommandation des chercheurs de l’Institut génétique de l’Université de Berne, il vaut mieux faire une gestion raisonnée de l’élevage et non pas systématiquement exclure. C’est le pari que l’on fait aujourd’hui : garantir une très bonne santé du cheval Franches-Montagnes, tout en vivant avec ces gènes défectueux dans la race », explique Pauline Queloz. Par ailleurs, deux éleveurs de la région ont été nommés à des postes à responsabilité au sein de la fédération. Myriam Chapatte de Malleray, gérante du syndicat d’élevage de Tavannes a été élue membre du comité. Bernard Willemin des Pommerats a été élu à la Commission de sélection et de concours comme nouveau juge de race à l’issue d’un vote à bulletin secret en devançant Frédéric Erard, également des Pommerats. Le président de la FSFM Andreas Aeby, ex-conseiller national UDC qui avait succédé à Albert Rösti à la tête de la fédération, a quant à lui annoncé son départ à l'issu de son mandat de quatre ans, en 2027. /jpi









