La gestion des déchets est en plein remue-méninge. Le principe de « pollueur-payeur » pousse les autorités communales à réfléchir à la manière de facturer les différents déchets des citoyens. Si la taxe au sac pour les déchets urbains est depuis longtemps assimilée, la question des déchets verts reste en suspens. Ainsi, les frais d’élimination de la taille d’une haie doivent-ils être financés par la taxe de base facturée à chaque ménage ? A Boncourt, la réponse est non.
Depuis fin mars, de nouvelles directives limitent les mètres cubes qui sont tolérés sur la place de compost communal. Chaque année, environ 4'000 m3 de branchage sont traités par la commune de Boncourt, qui fait éliminer ces déchets par l’entreprise Ajoverts à Porrentruy. Celle-ci facture le mètre cube de branches broyées, soit ici environ 800 m3, à 50 francs. Face à ce montant qui a grimpé au cours des dernières années, les autorités communales ont décidé de limiter le volume pour assurer l’autofinancement du service des déchets. Ainsi, le citoyen pourra amener chaque mois jusqu’à 4 m3. « Tout ce qui dépasse, on applique le principe du pollueur-payeur », précise Lionel Maitre. Le maire de Boncourt explique que le mètre cube supplémentaire devra être noté et sera facturé 25 francs.
Les professionnels logés à une autre enseigne
Reste la question des professionnels qui doivent éliminer les déchets verts de leurs clients. Ces entreprises ne sont plus les bienvenues au compost communal de Boncourt, à moins de signer une convention. Ce contrat établit les volumes prévus et le montant à facturer. Le mètre cube de branchage en vrac sera facturé à ces professionnels 25 francs. Idem pour les entreprises ou institutions de la commune. Cette plus-value risque bien de se répercuter sur les clients, puisqu’auparavant le mètre cube était facturé à 10 francs.
Des pratiques qui varient d’une commune à l’autre
L’Office de l’environnement recommande, mais n’oblige pas, de mettre en pratique le principe de « pollueur-payeur », comme pour les déchets encombrants. Un principe qui se justifie d’un point de vue de l’équité, indique Julien Paupe, en charge des déchets dans ce service. Faire payer à tous les ménages, même ceux vivant en appartement, l’élimination des déchets de taille d’une haie, peut paraître discutable. Dans la vallée de Delémont, plusieurs communes ont opté pour un conteneur que les citoyens se procurent moyennant financement. En Ajoie, certaines communes laissent la place de compost communal en libre accès à leurs habitants, comme à Cornol ou Clos-du-Doubs, mais d’autres interdisent les professionnels à y déposer des déchets verts, par exemple à Haute-Ajoie.
Les déchets des professionnels à leur charge
A Alle, lorsqu’un paysagiste veut y laisser la taille d’une haie, il lui sera facturé un émolument uniquement s’il vient en dehors des heures d’ouverture. Les citoyens de Fontenais doivent se rendre à Ajoverts et payent s’ils dépassent un certain tonnage. A Basse-Allaine, un nouveau concept voit le jour avec un paysan de la commune qui va facturer quelques francs le dépôt de branches et jusqu’à 25 francs la remorque d’un professionnel. Dans le règlement type proposé aux communes jurassiennes par l’Office de l’environnement, il est indiqué que les déchets verts des professionnels doivent être éliminés par leurs propres moyens. /ncp









