Privés d’estivage en France, les éleveurs de bovins ont dû s’adapter

Ils sont près d’une trentaine dans le Jura à pâtir de l’interdiction d’expatrier leurs bêtes ...
Privés d’estivage en France, les éleveurs de bovins ont dû s’adapter

Ils sont près d’une trentaine dans le Jura à pâtir de l’interdiction d’expatrier leurs bêtes cette année. Différentes solutions ont pu être trouvées. Exemple avec la ferme de Montavon, sur les hauteurs de Réclère.

 Il n'y aura pas de bovins d'exploitations agricoles suisses cette année en France. Les éleveurs jurassiens concernés doivent donc s'adapter. Il n'y aura pas de bovins d'exploitations agricoles suisses cette année en France. Les éleveurs jurassiens concernés doivent donc s'adapter.

Les éleveurs jurassiens ont trouvé des solutions pour les 600 à 700 bovins concernés par l’interdiction d’estivage en France en 2026. Alors que le printemps prend ses quartiers, entre 25 et 30 exploitations agricoles du Jura sont directement touchées par cette mesure qui vise à protéger la Suisse de la dermatose nodulaire bovine, une maladie contagieuse. À la ferme de Montavon, sur les hauteurs de Réclère, l’exploitation est à cheval sur la frontière franco-suisse. Cette interdiction complique sérieusement la tâche de l’exploitant, mais Samuel Aebi a fini par trouver des solutions pour les 80 bovins qui ne peuvent s’expatrier : « Une partie de mes terres en Suisse servira de pâture au lieu d’être fauchée. Un collègue de Roche-d’Or prendra une dizaine de mes vaches en estivage. » Il peut aussi compter sur un agriculteur de Réclère qui a accepté un échange de pâturages et qui enverra ses chevaux en France et permettra aux bovins de Samuel Aebi de paître en Suisse.

Samuel Aebi « La frontière passe à quelques mètres de mes bâtiments. »

La position de l'exploitation de Samuel Aebi à la frontière franco-suisse. (Carte : Swisstopo) La position de l'exploitation de Samuel Aebi à la frontière franco-suisse. (Carte : Swisstopo)

L’opération s’annonce plus contraignante que d’habitude et n’est pas sans conséquences financières. « Il faudra quand même payer une pension pour l’estivage des bovins chez les voisins. Je compte entre 2'000 et 3'000 francs. » Samuel Aebi espère que ces restrictions ne perdureront pas après 2026 et pourrait envisager à terme de privilégier les ovins aux bovins. S’il comprend les contraintes imposées par la Confédération, il les trouve disproportionnées dans son cas particulier. « Mes pâturages sont très proches de la frontière. Ils sont entourés de forêt. Il n’y a pas de contact avec des animaux français. » L’éleveur de Haute-Ajoie déplore le refus catégorique d’accorder la moindre dérogation. /rce


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