L’artiste jurassien est nominé pour la meilleure création visuelle et sonore lors de la prochaine cérémonie des récompenses du théâtre français, le 4 mai. Ses décors simples mais interactifs pour la pièce « La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob » ont tapé dans l’œil.
C’est une distinction rare et exceptionnelle, un Jurassien est nominé pour la prochaine cérémonie des Molières, rendez-vous prestigieux des récompenses du théâtre français. Jean-Damien Humair, alias Narcisse, originaire de Vicques, est nommé pour le Molière de la meilleure « création visuelle et sonore » pour la pièce « La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob » du célèbre metteur en scène Jean-Philippe Daguerre. « C’est inespéré pour un artiste suisse car il faut, pour être nominé, que la pièce ait été jouée au moins 60 fois d’affilée hors festival et tournée. Ce n’est possible qu’à Paris et justement cette pièce a atteint ce quota au Théâtre Montparnasse », réagit Narcisse.
Narcisse : « Être nommé va probablement m'ouvrir des portes. »
Pour cette pièce, le Jurassien a repris un concept de décor qu'il avait déjà utilisé dans l'un de ses spectacles « Toi Tu Te Tais » et qui avait tapé dans l'œil du metteur en scène français. « Le décor était uniquement constitué de neuf écrans de télévision qui se déplaçaient sur scène. Dans ces écrans il y avait des personnages et éléments de décor qui apparaissaient et discutaient avec moi. Quand il a vu ça, Jean-Philippe Daguerre m’a demandé d’adapter ça à son prochain spectacle », se souvient Narcisse.
Un fait-divers oublié qui fascine allié à un décor original
Il remet donc le concept sur des roulettes pour cette pièce qui revient sur un fait divers réel, celui d’une femme qui a détourné un avion afin de protester contre la sortie du film « Les aventures de Rabbi Jacob » en 1973. La pièce cartonne, parce que le public redécouvre cette anecdote oubliée, pourtant marquante, mais aussi pour ses décors originaux à en croire la critique. « On a lancé le spectacle le 10 janvier, le 20 janvier on avait déjà 50 articles dans toute la presse française, les radios, les télés. Et mon décor était mentionné dans pratiquement tous les articles, sauf un et j’ai détesté le journaliste qui a écrit ça », s’amuse l’artiste d’origine vadaise. Il sera en compétition avec trois autres pièces, dont deux productions aux budgets bien plus conséquents telles la comédie musicale « Amadeus » et « La cage aux folles ».
L’ingéniosité de l’idée face aux budgets des grosses productions
« Ce sont des productions à coups de millions d’euros. Avec mes petites télévisions de salon, je ne fais pas le poids. Mais peut-être que le jury sera sensible à la prouesse technique d’avoir réalisé un décor avec des bouts de ficelle », espère Narcisse pour qui cette nomination sonne déjà comme une victoire. « Être dans les quatre spectacles retenus sur les 10'000 qui tournent en France, c’est une grande chance et ça va probablement m’ouvrir des portes. D’autres metteurs en scène pourraient être intéressés par ma manière de faire des décors, justement parce qu’ils ne coûtent pas des millions ». La cérémonie aura lieu le 4 mai au théâtre des Folies Bergères à Paris et sera diffusée à la télévision sur France 2. /comm-jpi









