La commission de suivi et d’information a tenu une 3e séance publique mercredi soir à Bassecourt. Durant plus de trois heures, le public a pu dialoguer avec un groupe d’experts et exprimer ses craintes. Le point a également été fait sur l’état d’avancement du projet.
La commission de suivi et d’information du projet de géothermie profonde à Haute-Sorne (CSI) a tenu une 3e séance publique ce mercredi à Bassecourt. Une centaine de personnes ont assisté à la séance qui a vu plusieurs experts indépendants partager leurs connaissances sur certains thèmes jugés préoccupants par la CSI pour une partie de la population, mais aussi répondre aux nombreuses questions de l’assemblée. La séance d’information a duré plus de 3h, en présence du ministre de l’Environnement Jean-Paul Lachat, venu à titre privé.
En ouverture, le directeur de Geo-Energie Jura, Olivier Zingg, est venu faire un état des lieux de l’avancement du projet et des étapes à venir. En ce moment, les principaux rapports détaillant les résultats de la phase d’exploration ont été remis au Gouvernement jurassien ainsi qu’au groupe d’experts indépendants (GEI). Geo-Energie Jura doit désormais répondre aux demandes et questions des experts. Les autorités jurassiennes devront ensuite valider ou non la poursuite du projet. En cas de réponse positive, la planification des prochaines étapes pourra démarrer. En cas de validation, le 2e forage pourrait démarrer au plus tôt au premier trimestre 2027 et s’étendre jusqu’en 2028. Si la 3e phase est validée, elle verrait la construction de la centrale géothermique entre 2028 et 2029. Un dossier de demande de concession de prélèvement d’eau dans le Tabeillon a également été soumis au Canton pour un examen préalable.
Des craintes exprimées, parfois vivement
La suite de la séance a permis à plusieurs experts indépendants d’informer le public sur trois thèmes majeurs : les failles souterraines, le risque sismique et les critères d’acceptabilité des risques. Les exposés étaient techniques, mais se voulaient pédagogiques et ont surtout permis au public de poser ses questions. Ces dernières étaient relativement nombreuses et portaient notamment sur les risques sismiques et financiers liés au projet. Le Dr Pierre-Yves Jeannin, directeur de l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie, a notamment été questionné sur les risques de sismicité induite par le forage et pour savoir s'il accepterait de vivre à proximité du chantier. « Ce n’est pas le forage qui est dangereux pour la sismicité, a expliqué l’expert, c’est le passage dans certaines roches, la stimulation qui l’est », a-t-il ajouté tout en se voulant rassurant : « Je ne suis pas un grand fan des projets géothermiques pour diverses raisons, mais pas pour les dangers sismiques. Plutôt pour des raisons énergétiques. Dans ce cas précis, je n’ai pas de souci. » D'autres se sont agacés de ne pas obtenir de réponses suffisamment claires à leurs questions, concernant les risques de séisme, ou sur les éventuelles compensations financières. Pour manifester leur mécontentement, plusieurs personnes ont d'ailleurs quitté la salle avant la fin de la séance.
Jean-Paul Lachat : « Mon regard sur le projet a un peu évolué, mais je reste très critique. »
Le ministre présent à titre personnel
Le ministre de l’Environnement Jean-Paul Lachat était présent dans l’assemblée ce mercredi soir. Présent à titre privé, il ne représentait pas officiellement le canton. « J’ai surtout pu entendre les préoccupations des personnes qui sont concernées, mais aussi avoir des précisions sur les risques encourus avec ce projet. Et surtout les mesures prises pour réduire le risque et dire « Stop » si on dépasse une certaine limite. Mon impression ce soir est que les choses sont faites de telle manière qu’on ne fait pas courir un risque trop important à la population, en tout cas pas jusqu’ici. » Alors qu’il n’était initialement pas favorable au projet de géothermie profonde, Jean-Paul Lachat avoue que son regard sur le projet a un peu changé. « Je reste très critique. Je tiens à ce qu’on puisse être certain qu’on ne va pas faire courir de risques trop conséquents à la population de Haute-Sorne. C’est ça l’essentiel. Et dans la discussion, on se rend compte que jusqu’ici les mesures ont été prises pour atteindre cet objectif. Je suis obligé d’admettre que je vois un peu les choses différemment aujourd’hui, dû au manque de connaissances. » /tna









