Les citoyens, convoqués en assemblée communale extraordinaire lundi prochain, devront trancher sur le financement de la mise aux normes de ce lieu de vie du village : le foot espère un crédit communal de 90'000 francs alors que l’exécutif propose 14'000 francs.
La démarche est plutôt rare pour être relevée. À Courchapoix, les citoyens sont convoqués en assemblée communale lundi prochain sur demande du club de football du village ! Le règlement lui permet en effet de provoquer la saisine d’une assemblée extraordinaire en récoltant au moins 10% des signatures des ayants droit. « Il nous en fallait 37, nous en avons obtenu 140 », avance le président du FC Courchapoix Grégory Monnier. Si le club a sollicité cette assemblée, c’est pour soumettre au vote son projet de mise aux normes de sa buvette, notamment son raccordement aux eaux usées comme l’exigent les dispositions cantonales. « C’est une obligation cantonale. On en profite pour englober la réfection du toit qui a quelques fuites et qui date d’une quarantaine d’années, et un accès aux toilettes pour personnes à mobilité réduite », expose le président.
Grégory Monnier : « Un lieu social important. »
Des discussions ont bien eu lieu avec la commune, mais les deux parties ne sont pas tombées d'accord. Le FC Courchapoix souhaite un crédit de 90'000 francs pour des travaux estimés à 110'000 francs quand le conseil communal ne propose que 14'000 francs, tel qu’exposé dans un tout-ménage distribué mardi. « Le conseil communal estime que ce n’est pas à la collectivité de supporter l’intégralité des frais vu que le FC Courchapoix est propriétaire de la buvette. C’est pourquoi on a proposé une participation de 14'000 francs et se porter garant du prêt que devrait souscrire le club », défend la vice-maire Mélanie Beuret. Mais le FC Courchapoix affirme que son budget annuel de 50'000 francs ne lui permet pas de financer ces travaux, et surtout que cette buvette est devenue au fil des années un lieu de vie du village dépassant largement le cadre du club de football. « Elle est louée une trentaine de fois dans l’année pour des anniversaires, fêtes de famille, même des goûters après les enterrements car il n’y a plus de restaurant dans le village. C’est un lieu social important et beaucoup de monde nous ont soutenus en signant », dépeint Grégory Monnier.
Mélanie Beuret : « Pas cohérent d’emprunter pour un bâtiment qui n’appartient pas à la commune. »
« La commune reconnait l’importance de la buvette pour la vie sociale du village, on n’a d’ailleurs jamais été contre ce projet. C’est au niveau du mode de financement qu’il y a des divergences. La commune n’a pas les moyens de sortir 90'000 francs, on devrait aussi emprunter, et ce n’est pas cohérent pour un bâtiment qui n’appartient pas à la commune », rétorque Mélanie Beuret. Dans le tout-ménage distribué cette semaine, le conseil communal laisse entendre que la quotité d'impôt pourrait être augmentée si le crédit de 90'000 francs comme demandé par le club venait à être accepté. « Ce sont des réflexions qu’on mène, les citoyens doivent savoir que si ce crédit est accepté, il pourrait y avoir des répercussions sur le contribuable », confirme la vice-maire alors que Grégory Monnier estime que cette demande de 90'000 francs « nous parait raisonnable ».
Mélanie Beuret : « Des répercussions possibles sur le contribuable. »
De son côté, le FC Courchapoix laisse entendre qu’il « serait en grand danger de disparition » sans ce crédit, car privé des revenus des locations et manifestations si ce bâtiment n’est pas mis aux normes. L’exécutif reproche par ailleurs un projet flou, « aucun devis détaillé, ni plan, ni étude n’a été fourni à la commune », ce que conteste le président du club Grégory Monnier qui affirme que des documents ont été fournis, notamment pour le raccordement des eaux et la réfection du toit.
Grégory Monnier : « 90'000, ça nous paraît raisonnable. »
Les citoyens, invités à se déplacer en nombre par la commune, devront trancher entre ces deux approches, mais auront aussi la possibilité, selon le délégué aux affaires communales, de formuler une autre répartition de financement qui devrait alors aussi être soumise au vote. /jpi









