Le Groupe Bélier s’attaque à la Fête jurassienne de lutte

Le mouvement autonomiste dénonce une « germanisation » de la région. Les organisateurs déplorent ...
Le Groupe Bélier s’attaque à la Fête jurassienne de lutte

Le mouvement autonomiste dénonce une « germanisation » de la région. Les organisateurs déplorent cette réaction qui vise « un sport suisse » et réfutent toute intention politique.

La première Fête cantonale jurassienne de lutte s'est tenue à Alle il y a deux ans. (Photo d'archives : Georges Henz) La première Fête cantonale jurassienne de lutte s'est tenue à Alle il y a deux ans. (Photo d'archives : Georges Henz)

« La lutte jurassienne ne se pratique pas en slip ! ». C'est avec ce slogan choc que le Groupe Bélier monte au créneau, via un communiqué diffusé lundi soir, contre l'organisation de la Fête cantonale jurassienne et romande de lutte suisse le mois prochain sur l'esplanade du Marché-Concours de Saignelégier. La culture et l'identité jurassienne sont en jeu selon le mouvement autonomiste qui dénonce une « germanisation » de la région, qui plus est dans un lieu qui est un « marqueur essentiel de la culture jurassienne ». Pour marquer son opposition à cet événement, le Groupe Bélier organise ce même week-end des 13 et 14 juin une contre-manifestation au Café du Soleil situé juste à côté.

Jonathan Gosteli : « Si on laisse cette culture s’implanter chez nous, on risque une perte de notre identité. »

« Ce qui nous gêne, c’est que cette manifestation aux origines suisse-allemand s’accapare ce lieu symbolique de la culture franc-montagnarde. Si on laisse cette culture s’implanter chez nous, on risque une perte de notre identité. On nous impose chez nous des traditions qui ne sont pas les nôtres », estime l'animateur principal du Groupe Bélier Jonathan Gosteli. Une prise de position qui étonne les organisateurs de la fête de lutte.

Le Groupe Bélier a placardé des affiches de sa « contre-manifestation » sur celles de la Fête cantonale jurassienne de lutte. (Photo : Groupe Bélier) Le Groupe Bélier a placardé des affiches de sa « contre-manifestation » sur celles de la Fête cantonale jurassienne de lutte. (Photo : Groupe Bélier)

« C’est dommage parce qu’on parle d’un sport suisse. On est dans le Jura, d’accord, mais on vit tous en Suisse. On était le dernier canton à ne pas avoir de club, le but est juste de permettre aux Jurassiens de découvrir ce sport helvétique. On fait ça pour le sport, et on a toujours dit qu’on séparait sport et politique », assure Jean Leuenberger, président de l’Association jurassienne de lutte suisse créée en 2017, qui rappelle que ce club est composé à une très grande majorité de « Jurassiens qui parlent français ».

Jean Leuenberger : « Chaque canton romand organise une fête cantonale, pourquoi pas le Jura ? »

Au-delà des émanations de la Question jurassienne qui tisse la toile de fond de cette passe d’armes, ce sont deux visions du fédéralisme qui s’entrechoquent. « En Romandie, chaque canton organise une fête cantonale, avec un certain engouement d’ailleurs. Pourquoi pas le Jura ? Je peux comprendre l’histoire derrière, mais maintenant la page se tourne et il faut aller de l’avant en travaillant ensemble », exhorte Jean Leuenberger. « Le fédéralisme demande de respecter les coutumes et traditions de chaque canton, ce serait justement aller contre le fédéralisme que de voir une Suisse homogène où on essaie de gommer nos différences », oppose Jonathan Gosteli. En guise de « petit rappel de notre histoire », le Groupe Bélier diffusera deux films en lien avec la Question jurassienne, mais promet une action « modeste qui restera dans le Café du Soleil ». Beau joueur, Jean Leuenberger les invite à 100 mètres de là, autour des ronds de sciure, « pourquoi pas autour d’un verre pour échanger avec eux pour en discuter de vive voix ensemble ». Franchement ? L’image serait belle. /jpi


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