Quatre jeunes hommes comparaissent depuis ce mercredi devant le Tribunal pénal de Porrentruy pour avoir roué de coups un autre jeune en mai 2024 à Coeuve puis à Porrentruy.
Un passage à tabac qui aurait pu virer au drame. Quatre jeunes hommes comparaissent depuis ce mercredi devant le Tribunal pénal de Porrentruy pour avoir roué de coups un autre jeune. Tous sont notamment accusés de délit manqué de meurtre par dol éventuel, mais le procès devra déterminer le degré d’implication des quatre prévenus. Les faits remontent à une nuit de mai 2024 à la fête du village de Coeuve avant de se poursuivre à Porrentruy. La victime, hospitalisée à la Pitié-Salpêtrière à Paris, s’en est tirée avec des plaques et vis dans la tête et confie aujourd’hui souffrir de séquelles psychologiques, une phobie sociale.
« Coups de pied à la tête comme dans une balle de football »
Reste que les faits tels que décrits dans l’acte d’accusation retracent un déchaînement de violence inouïe. De multiples coups de poing, coups de genou, coups de pied à un jeune homme au sol, notamment des coups de pied portés « à la tête comme dans un ballon de football ». La victime est traînée au sol sur plusieurs mètres, mise à genou, et « ne peut plus tenir debout » selon les déclarations en audition. Pourquoi un tel déferlement de haine ? « Rien ne justifiait ça, du pur mépris, ils se sont pris pour des gangsters », déclare la victime devant le tribunal. L’un des avocats de la défense ressort des auditions un regard de travers, une phrase injurieuse qui aurait mis le feu aux poudres. Le motif parait futile, pourtant la bande s’acharne et mène une véritable traque : trois agressions distinctes sur la même cible dans la même nuit, des stratagèmes pour ne pas perdre leur proie de vue, jusqu’à la faire ressortir de son domicile à Porrentruy pour la dernière salve de coups.
« Si tu n’étais pas arrivée, je serais mort »
Le jeune homme est semi-inconscient, ne bouge plus, ne parle plus quand sa mère d’accueil sort de son domicile et met en fuite ses agresseurs. Il lui dira simplement dans la voiture qui l’emmène à l’hôpital : « si tu n’étais pas arrivée, je serais mort ». Devant le tribunal, l’un des principaux protagonistes reconnaît les faits, un autre désigné par la victime comme « celui de qui tout part » nie avoir porté des coups, le troisième ne reconnaît qu’une gifle. Le quatrième prévenu n’aurait, lui, pas porté de coups, mais fait face à 13 chefs d’accusation pour d’autres infractions diverses, notamment à la Loi sur la circulation routière. /jpi









