La structure chargée de soutenir la création d’entreprise et l’accompagnement de projets a été dissoute ce mercredi par ses actionnaires. Sa viabilité n’était plus assurée en raison d’une baisse de 60% de la subvention de l’État jurassien.
Un acteur de l’économie jurassienne va mettre fin à ses activités. La société Creapole SA a été dissoute ce mercredi par ses actionnaires lors d’une assemblée générale. La structure chargée de soutenir la création d’entreprise et l’accompagnement de projets, notamment via un contrat de prestation avec l’État, existait depuis près de 20 ans. Malgré de bons résultats l’an dernier, c’est une baisse de subvention de l’État jurassien, actionnaire majoritaire, qui a mené à cette décision drastique.
« Les 150'000 francs restants ne suffisent plus pour faire tourner une telle structure »
Le Gouvernement, via une mesure approuvée par le Parlement dans le cadre du budget, a réduit depuis le 1er janvier 2026 sa contribution à Creapole de 60%, faisant passer le montant de la subvention étatique de 350'000 à 150'000 francs. Ce retrait mettait en péril la viabilité de la société qui emploie quatre collaboratrices pour 2,2 EPT. « Les 150'000 francs restants ne suffisent plus pour faire tourner une telle structure », confie la directrice de Creapole, Gladys Winkler Docourt, malgré quelques mandats extérieurs. Ce que confirme le ministre de l’Économie, Stéphane Theurillat, présent à l’assemblée générale ce mercredi matin.
Un souci de « lisibilité politique » des structures d’accompagnement ?
Contacté, le ministre confie avoir affirmé devant les actionnaires que « la qualité du travail fourni n’était pas remise en cause », mais que politiquement, « les différentes structures d’accompagnement de l’écosystème jurassien étaient parfois perçues comme des doublons et qu’il n’était pas facile de faire comprendre le rôle de chacun ». « Le dossier Creapole est revenu régulièrement en commission de l'économie ou dans d'autres échanges politiques. Il y avait de l'incompréhension autour de la plus-value amenée par l'entité », concède Stéphane Theurillat.
Stéphane Theurillat : « De l'incompréhension politique autour de la plus-value amenée » par Creapole.
Le ministre laisse d'ailleurs entendre que, dans le cadre du nouveau programme de législature qui sera présenté à la rentrée, l'Etat va adapter le dispositif de soutien à l'économie « qui doit être simplifié pour en comprendre la lisibilité ». La directrice Gladys Winkler Docourt se dit pourtant « persuadée de l’utilité qu’avait Creapole pour l’économie jurassienne », 231 projets d’entreprises ayant encore été accompagnés en 2025. Les quatre collaboratrices de Creapole seront prochainement licenciées. « On le sentait venir, mais ce n’est jamais agréable de vivre une fin d’aventure comme celle-ci », souffle la directrice. Les clients seront encore accompagnés quelques semaines, avant cessation définitive des activités. /jpi









