L’Eglise catholique de Moutier s’offre une Bible de Moutier-Grandval. Une sculpture en fer représentant l’ouvrage historique a été inaugurée jeudi sur le parvis sud de l'église Notre-Dame de la Prévôté. L’œuvre, quatre fois plus grande que le manuscrit original, est née d’une réflexion menée par la paroisse autour d’un élément fédérateur entre les différentes communautés chrétiennes de la région.
« Qu’est-ce qui nous réunit toutes et tous ? C’est la parole de Dieu, c’est cette Bible de Moutier-Grandval », explique l’abbé Christophe Boillat. Le projet a mûri durant deux ans avant de prendre forme. Son calendrier a coïncidé avec la présentation exceptionnelle du célèbre manuscrit au Musée jurassien d'art et d'histoire de Delémont en 2025. « C’est un concours de circonstances », relève le curé.
Abbé Christophe Boillat : « On s’est dit : on vise juste, on est dans l’esprit du temps. »
Des pages volontairement vierges
La sculpture prend la forme d’un livre ouvert dont les pages sont entièrement vierges. Un choix assumé par la paroisse comme par l’artiste. « Chacun, chacune peut y mettre son verset biblique », souligne Christophe Boillat. La paroisse a choisi pour sa part la citation : « Soyons toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous. »
Pour le curé, cette œuvre se veut ouverte à tous. « Tous les chrétiens, réformés, catholiques, orthodoxes et au-delà, peuvent toutes et tous s’y retrouver ». Il décrit ainsi un objet « universel ».
« Tous les êtres humains peuvent s’y retrouver. »
L’aboutissement d’une carrière
À l’origine de la réalisation se trouve le ferronnier d’art de Malleray Serge Türberg. Haute d’environ un mètre, la sculpture intègre également plusieurs références à l’histoire de l’abbaye de Moutier-Grandval, notamment la crosse de Saint Germain, la lance de Saint Randoald et une plume.
Pour l’artisan, ce projet représente une étape importante de son parcours professionnel. « C’est l’œuvre d’une vie », confie-t-il. Il évoque aussi « un grand honneur » et même « une revanche », en référence à ses débuts de ferronnier à Moutier, lorsqu’il n’avait pas eu l’honneur de restaurer la lanterne de Saint Germain dans la vieille ville.
Serge Türberg : « Je finis ma carrière dans de bonnes conditions. »
Aujourd’hui à la retraite, Serge Türberg se réjouit de voir cette réalisation prendre place devant l’église. « Je concrétise un projet et je trouve que c’est très bien, très beau ».
La sculpture est estimée à environ 10'000 francs. Son financement a notamment bénéficié du soutien de la Collectivité ecclésiastique du Canton du Jura. /ddc









