La Fondation des Marais de Damphreux annonce l’arrêt du baguage des cigognes blanches, qui avait cours depuis plus de 30 ans. C’est, entre autres, le succès du programme de réintroduction qui a mené à cette décision.
Une page se tourne dans l’histoire de la réintroduction de la cigogne blanche en Ajoie. La Fondation des Marais de Damphreux (FMD) annonce l’arrêt du baguage des cigogneaux, en place depuis plus de 30 ans. Ceci en somme pour une heureuse raison : le succès du programme de réintroduction. Les bébés cigognes sont désormais trop nombreux pour les moyens de la fondation.
Une implantation qui dépasse les scénarios les plus optimistes
Tout commence en 1994 avec le déplacement de jeunes couples du canton de Soleure vers l’Ajoie. Au début, un seul d’entre eux s’installe et niche avec succès sur le toit de l’église de Damphreux. Jusqu’en 2016, la reproduction se révèle faible. Mais depuis 2017, note la fondation dans un communiqué, « nous assistons à une augmentation marquée de la population » de cigognes. Cette année, le nombre de couples dans les deux colonies de Damphreux et Porrentruy dépasse les 85.
Ce résultat n’avait pas été imaginé dans les rêves les plus fous des initiateurs du projet, rappelle le communiqué. Le but fixé en 1994 est donc atteint.
Trop de travail, moins de moyens
Ce constat, couplé à d’autres considérations, a convaincu la FMD de renoncer au baguage des cigogneaux. Parmi les arguments figurent la dangerosité des interventions sur des nids difficiles d’accès, la non-reconduction du plan d’action suisse pour la cigogne blanche qui assurait un soutien financier correct, la baisse des subventions et, corollaire de l’augmentation des naissances, le travail devenu trop conséquent pour les bénévoles – pour que le baguage ait une valeur scientifique, il faut qu'il soit systématique et non limité à quelques individus. En outre, la fondation souhaite revenir à ses fondamentaux, à savoir la protection des marais.
Contacté, le président de la FMD Philippe Bassin admet volontiers un pincement au cœur à l’idée de cesser cette activité "très intéressante". Mais le projet « cigogne » ne s’arrête pas complètement. Ces quatre prochaines années au moins, la fondation poursuivra les recensements, l’entretien des plateformes et l’exploitation des données. /comm-lad









