La grogne sociale monte: grève et manifestations partout France

Salariés et fonctionnaires français sont appelés par les syndicats à faire grève pour jeudi ...
La grogne sociale monte: grève et manifestations partout France

Emboitant le pas au mouvement lycéen, les salariés et fonctionnaires français sont appelés par les syndicats à faire grève ce jeudi.

Photo: KEYSTONE/EPA/FIRAS ABDULLAH Photo: KEYSTONE/EPA/FIRAS ABDULLAH

Salariés et fonctionnaires français sont appelés par les syndicats à faire grève pour jeudi leurs salaires, jeunes et retraités à les rejoindre en manifestation. Ils attendent du gouvernement des réponses concrètes.

Ce premier appel depuis la rentrée à concerner le secteur public et privé a vu se rallier les lycéens et étudiants, qui poursuivent leur mouvement débuté mi-septembre, les gilets jaunes, qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis, mais aussi, entre autres, les agriculteurs de la Confédération paysanne.

"Cela va être une belle mobilisation", a anticipé Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), avançant des remontées du même ordre que ce "qu'on avait sur les retraites". En 2023, pendant plusieurs mois, le sujet avait rassemblé près de 1,3 million de personnes certaines journées, selon les autorités.

Pour jeudi, celles-ci attendent 500'000 à 700'000 personnes hors de Paris et 40'000 à 80'000 personnes dans la capitale.

Mercredi soir, le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez a annoncé mobiliser 70'000 policiers et gendarmes, promettant "une réponse d'une extrême fermeté" aux éventuels "débordements". Dans le transports franciliens, les perturbations étaient limitées jeudi à l'aube.

Les syndicats demandent une revalorisation du Smic, qui n'a pas connu de coup de pouce depuis 2012, une augmentation de l'ensemble des salaires, davantage de justice fiscale, une préservation des services publics, et toujours de meilleures conditions d'études pour les jeunes.

Concernant le salaire minimum, le seul en France à connaître des évolutions automatiques, le ministre du travail a dit mardi "espére(r)" pouvoir faire des annonces "autour du 5 novembre", sans préciser s'il s'agissait d'un coup de pouce au Smic.

"Il faut accélérer sur le Smic et lancer, dans la foulée, une négociation flash sur les salaires", a réclamé, dans Le Parisien, Frédéric Souillot du syndicat Force Ouvrière (FO), envisageant d'ores et déjà "d'autres manifestations" et une "grève reconductible".

Bras de fer sur les parcours

Entre envol des prix des carburants et projet de budget d'austérité, le pouvoir d'achat est au coeur de la grogne sociale, qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis la fin de l'été.

Une personne sur deux déclare s'en sortir difficilement avec les ressources de son foyer, selon le baromètre publié mercredi par les organisations réunies dans le Pacte du pouvoir de vivre, dont la CFDT.

Après des manifestations émaillées de violences et d'affrontements avec les forces de l'ordre, en particulier le 17 octobre, cette journée de mobilisation s'accompagne de protestations sur des atteintes alléguées à la liberté de manifester, face aux interdictions dans plusieurs villes de défiler dans certaines parties des centres-ville.

À Toulouse, l'intersyndicale a décidé de maintenir son parcours initial et à Bordeaux un accord a été trouvé après de longues négociations sur un tracé au centre-ville, avec un périmètre d'interdiction dans les artères les plus commerçantes, selon la préfecture.

À Lyon, la préfecture qui avait interdit la manifestation dans l'hyper-centre et proposé un autre parcours en ville, a obtenu raison auprès de la justice.

À Paris, le tribunal administratif a validé mercredi soir le parcours alternatif proposé par la préfecture de police entre les places de la République et de la Nation, contesté par les organisateurs.

Des organisations, dont le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (Saf) et la Ligue des droits de l'homme (LDH) ont aussi dénoncé une "bascule autoritaire" et saisi le Conseil d'État..

La coordination des gilets jaunes appelle quant à elle en plus à un rassemblement samedi place de la Concorde à Paris, même s'il est interdit. Avec des syndicats et associations de droit au logement de six autres pays européens (Italie, Portugal, Espagne, Belgique, Grèce, Royaume-Uni), elle appelle également à des "manifestations coordonnées" contre la vie chère fin novembre.

/ATS


 

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