Evasion de Gorgier: toute une série d'erreurs

Le rapport d'enquête sur la fuite en juin d'un dangereux détenu incarcéré à Gorgier révèle ...
Evasion de Gorgier: toute une série d'erreurs

Jean-Louis B. Jean-Louis B.

Le rapport d'enquête sur la fuite en juin d'un dangereux détenu incarcéré à Gorgier révèle toute une série de défaillances: imprudence des autorités, mauvaise appréciation de la dangerosité du détenu et collaboration lacunaire entre Berne et Neuchâtel.

La fuite de ce détenu de 65 ans, Jean-Louis B., lors d'une sortie accompagnée à la frontière du canton de Vaud avait tenu en haleine toute la Suisse. Après une cavale de plusieurs jours, le fugitif ,condamné pour assassinat et viols, s'est rendu à la police. Cet homme qui a déjà purgé 43 ans de prison est détenu au pénitencier bernois de Thorberg.

Dans son volumineux rapport de 107 pages dévoilé vendredi, l'ancien président du Tribunal fédéral Claude Rouiller dresse une liste de manquements commis par la direction de la prison de Bellevue à Gorgier, le Service pénitentiaire neuchâtelois (SPNE) et les autorités bernoises. Le directeur de la prison et son adjoint ont déjà démissionné.

«Cette affaire dépasse la problématique de Bellevue pour s'étendre à tout le système concordataire en Suisse», a expliqué vendredi Claude Rouiller devant la presse. Il a souligné que la fuite du détenu n'était pas le fruit d'une défaillance sécuritaire de l'établissement mais de dysfonctionnements.

 

Placement en question

Le juriste estime que la formation des agents de détention de Gorgier n'était pas appropriée pour accueillir des détenus sans perspectives de libération. Le SPNE et Bellevue ne se sont pas demandés s'ils étaient capables de prendre en charge ce condamné venu de Bochuz (VD).

Autre grief, la direction a agi avec imprudence en désignant une femme en qualité de référence de ce pervers sexuel. Surtout, elle a fait preuve de légèreté en organisant sans demander la protection de la police cette sortie durant laquelle le Jurassien s'est enfui.

«Elle a organisé les conduites sans adopter des mesures de sécurité proportionnées au risque concret, comme si la conduite d'un détenu dangereux pouvait se dérouler au petit bonheur la chance», écrit le professeur Claude Rouiller. Les accompagnants n'avaient pas reçu une formation pour affronter un risque.

L'enquête confirme que la collaboration entre les autorités neuchâteloises et bernoises, notamment sur le plan d'exécution de la peine, a été parfois lacunaire. Des problèmes linguistiques ont parfois débouché sur une mauvaise interprétation. Berne, qui a placé ce sexagénaire à Gorgier en 2009, n'a pas toujours fourni les informations nécessaires. /ats-fpa


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