Les réseaux de soins en question

Il règne une certaine division dans le corps médical au sujet des réseaux de soins. Les citoyens ...
Les réseaux de soins en question

Le 17 juin, le peuple suisse devra se prononcer sur le projet des réseaux de soins Le 17 juin, le peuple suisse devra se prononcer sur le projet des réseaux de soins

Il règne une certaine division dans le corps médical au sujet des réseaux de soins. Les citoyens suisses sont appelés aux urnes le 17 juin afin de se prononcer sur le managed care. Le texte, issu d’un référendum, souhaite instaurer une mise en réseau de soins réunissant un groupe de médecins qui se rencontrent régulièrement pour partager leur connaissance et échanger des informations sur les dossiers des patients. Il faut dire que les médecins jurassiens collaborent déjà de manière rapprochée. Cette situation a été rendue nécessaire par le manque de médecins et de spécialistes.

Manque de médecins dans le Canton

Remo Osterwalder, président de la société médicale du Jura, dénote qu’il y a 35 généralistes pour 70'000 habitants, ce qui est dans la moyenne suisse. En revanche, Carlos Muñoz, président de l’association cantonale des médecins de familles et de l’enfance, parle « d’une situation critique avec aujourd’hui déjà un manque de médecin ». Cette situation est liée à la situation périphérique du canton, qui demeure peu attractif de part la charge de travail et les responsabilités importantes occasionnées. Les deux médecins se rejoignent en revanche pour prédire que le problème deviendra épineux d’ici quelques années avec presque la moitié des médecins de la région qui seront en retraite. Et peu importe l’issue de la votation, les problèmes ne seront pas pour autant résolus avec l’instauration d’un réseau de soins. « Il faudrait avant tout améliorer les conditions de travail en facilitant l’installation des médecins via la création de centres médicaux avec différents partenaires », affirme Carlos Muñoz.

Encore beaucoup d’incertitudes

Les conditions d’instauration d’un réseau de soins demeurent floues selon Rémo Osterwalder. « Il faudra définir les conditions cadres avec les assureurs » explique-t-il, avant d’ajouter que « les expériences ne sont pas toujours bonnes avec les assureurs. Ces derniers souhaitent avant tout baisser les coûts, qui se font bien souvent sur le dos des médecins ou des patients. De plus, il y a un risque de diminution des prestations à disposition ». Carlos Muñoz, qui prône le « oui » voit au contraire des avantages pour les malades, notamment « une amélioration de la qualité et de la sécurité avec une meilleure prise en charge. Les malades bénéficieront d’une meilleure coordination entre les différents partenaires ».

Si le projet de réseau de soin passe la rampe, le canton du Jura ne devrait compter qu’un seul réseau. Rémo Osterwalder précise qu’il faut 10’000 à 30'000 patients dans un réseau. Il n’y a donc pas forcément d’intérêts d’en avoir plusieurs. /jpp


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