Une sordide affaire devant le tribunal pénal de Porrentruy

palais de justice

C'est une lourde affaire qui occupe le tribunal pénal de Porrentruy. Un jeune homme de 26 ans y est jugé depuis mercredi matin. Il est accusé de contrainte sexuelle, d'acte d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement, de téléchargement de vidéos contenant des actes d'ordre sexuel avec des enfants et d'infraction à la loi sur les stupéfiants. Les faits se sont déroulés en 2009.


Des témoignages confus

La matinée a débuté avec l'audition des témoins et du prévenu. Les versions des uns et des autres sont confuses. Les événements se sont déroulés dans un contexte d’abus d’alcool et d’autres substances.
La première plaignante accuse le prévenu de l’avoir forcé à voir une relation sodomique. Mais elle essaie d’oublier ces événements depuis trois ans. Son témoignage est truffé d’imprécisions. Elle reconnait avoir entretenu une relation consentie à cette époque avec le prévenu. Elle dit elle-même qu’elle était alors complétement perdue et avait une vie dissolue. Mais ce jour-là, le 4 novembre 2009, ça a dérapé. Le prévenu l’aurait rouée de coups et forcée à avoir une relation sodomique avec lui sous la menace d’un couteau.
La seconde victime présumée, elle, n’a pas témoigné devant le tribunal. Elle accuse toutefois le prévenu de lui avoir donné de l’alcool et de la marijuana en sachant qu’elle était dépendante à l’alcool et prenait des médicaments. Ils auraient eu une relation alors qu’elle était inconsciente en octobre 2009 à Delémont. Il l’a, par ailleurs, filmée nue, endormie.


« Je ne veux pas m’accuser pour ce que je n’ai pas fait »

Si le prévenu reconnait les relations sexuelles avec ces deux femmes, il nie la contrainte. Selon lui, toutes deux étaient conscientes et consentantes de leurs actes. « Je ne veux pas m’accuser pour ce que je n’ai pas fait ». Il répond très succinctement aux questions du Président.
Quant aux vidéos pornographiques avec de très jeunes acteurs qui ont été retrouvées sur son ordinateur, le prévenu dit les avoir téléchargées par erreur et ne pas les avoir regardées.


Trois ans de prison

La procureure, Frédérique Comte, requiert trois ans de prison ferme et 400 francs d’amende contre le prévenu. Les deux plaignantes demandent, elles, chacune 10'000 francs pour tort moral.
Me Gossin, l’avocate du prévenu, réclame, elle, l’acquittement pour les trois premiers actes d’accusation, mais un placement fermé dans un établissement spécialisé pour régler ses problèmes de cannabis. Elle reconnait toutefois la peine de 400 francs pour la consommation de stupéfiant.
Le jugement est attendu jeudi à 17h. /ebr


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