Pluie de critiques sur l'Eglise

Des résultats sans surprise mais inquiétants. Une étude mandatée par la Collectivité ecclésiastique ...
Pluie de critiques sur l'Eglise

Conférence sur le sondage au sujet de l'Eglise et de Caritas Conférence sur les résultats du sondage au sujet de l'Eglise et de Caritas. De gauche à droite: Pierre-André Schaffter (administrateur de la CEC), Charles Girardin (président en 2011 du conseil de la CEC), Jean-Noël Maillard (directeur de Caritas), Nicolas Babey (professeur à la HEG Arc, chef du projet).

Des résultats sans surprise mais inquiétants. Une étude mandatée par la Collectivité ecclésiastique catholique romaine du canton du Jura, la CEC, et par Caritas Jura vient d’être rendue. Elle a été réalisée par la Haute école de gestion Arc. Les questionnaires ont été envoyés à 5'000 ménages à travers tout le Jura. Plus de 900 ont été renvoyés, soit un taux de retour de 18%. Ce sondage n’est pas représentatif de la population jurassienne. La plupart des sondés sont des catholiques et la part de personnes âgées est importante. La tranche d’âge entre 18 et 25 ans est, quant à elle, sous-représentée : sept jeunes ont répondu aux questions. L'étude est, par contre, représentative de la communauté catholique du canton.

Pluie de critiques pour l’Eglise

Les questions portaient notamment sur la perception des deux institutions auprès des sondés. Les résultats sont flatteurs pour Caritas, tandis que l’Eglise récolte de nombreuses critiques. Le mode de fonctionnement est contesté. Beaucoup de sondés jugent la hiérarchie de l’Eglise trop rigide. Ils mettent en avant, entre autres, l’autoritarisme du Vatican. Pour Charles Girardin, président en 2011 du Conseil de la CEC, plusieurs agents pastoraux partagent en partie cet avis. Son organisation va désormais tenter de faire évoluer les choses en ce sens.

La CEC gère les finances et de ce fait espère pouvoir aiguiller cette évolution. Selon Charles Girardin, «  l’Eglise catholique doit désormais répondre aux vœux de la population ». Le but est d’abord de consulter les prêtres et de faire remonter leurs observations dans la hiérarchie, « mais si rien ne se passe, la CEC va peut-être utiliser d’autres moyens ». Elle va cibler notamment les jeunes qui se désintéressent de l’Eglise. La situation est inquiétante, puisque la population croyante vieillit.

Des pistes à suivre

La Haute école de gestion Arc a émis plusieurs recommandations pour ces deux institutions. Même si Caritas est déjà bien perçu, l’institution doit s’ancrer davantage dans une politique plus moderne. Trois axes ont été définis par l’étude : améliorer sa communication, créer plus de liens sociaux et enfin développer de nouvelles activités pour répondre aux besoins actuels.

Pour l’Eglise catholique jurassienne, les pistes à suivre sont multiples et ne dépendent pas forcément de la CEC. On retrouve la hiérarchie et sa structure trop rigide. Selon la HEG Arc, il s’agit de développer aussi un axe anthropologique : des réflexions sur les nouvelles pratiques sociales. Les rituels doivent aussi être « dépoussiérés ». Et comme pour Caritas, l’Eglise catholique jurassienne doit mieux communiquer, notamment par le web. /nqu

 


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